La biodiversité, prochain juge de la solvabilité des États (CEPS)
Dans une note originale, Isabel Scheckenbach, experte en soutenabilité, plaide pour intégrer le risque "nature" dans la notation des dettes souveraines.
- Le constat. Plus de la moitié du PIB mondial dépend de la nature et 75 % des prêts bancaires de la zone euro vont à des entreprises fortement dépendantes d’au moins un service écosystémique (matières premières, pollinisation, climat…). Pourtant, aucune des grandes agences de notation n’intègre l’érosion du vivant : jusqu’à 83 000 milliards de dollars de dette souveraine seraient mal valorisés. Une étude sur 23 pays, citée par le CEPS, chiffre un effondrement partiel des écosystèmes à 2 000 milliards de dollars de PIB mondial perdus par an et 162 milliards d’intérêts supplémentaires, l’Inde et la Chine étant les plus exposées.
- Pourquoi c’est important. Les outils existent, l’obligation manque : le CEPS appelle agences de notation, BCE et gouvernements à valoriser aussi la restauration de la nature, qui réduit le risque – et donc le coût d’emprunt. "Rien de tout cela n’est irrémédiable", conclut Isabel Scheckenbach, à condition de "traduire cette prise de conscience en actes".