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Business / Automobile / 27/07/2026

Stellantis en chute libre : le plan Filosa ne convainc plus personne

Un an après l’intronisation d’Antonio Filosa et deux mois après le plan dévoilé à Detroit, l’action Stellantis enchaîne les plus bas historiques. Exor et la famille Peugeot encaissent le choc.

Antonio Filosa, présentant son plan FaSTLAne 2030, en mai 2026 (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut retenir. Le supplice n’en finit plus. Jeudi 9 juillet, l’action Stellantis a inscrit un nouveau plus bas historique à 4,59 euros, avant de clôturer à 4,67 euros. Le bilan donne le tournis : plus de 45 % de capitalisation détruite en douze mois, plus de 50 % depuis le 1er janvier et près de 30 % depuis le 21 mai, jour où Antonio Filosa présentait depuis Detroit son plan FaSTLAne 2030 avec 60 milliards d’euros d’investissements, et des objectifs renvoyés à 2030. Un an après sa désignation à la place de Carlos Tavares, le CEO n’a toujours pas trouvé la parade : sur six mois, le titre fait deux fois pire que BMW, Volkswagen ou Renault. Pire : les analystes jettent l’éponge les uns après les autres. JP Morgan a dégradé jeudi le titre de "surpondérer" à "neutre", sabrant son objectif de 10 à 6 euros et ses estimations de bénéfices de 30 %. Banca Akros a suivi, agitant la menace suprême : une dégradation de la note crédit de BBB- à BB +, qui ferait basculer le groupe en catégorie spéculative. Citi, de son côté, a raboté sa cible à 5,50 euros. À 13,6 milliards d’euros de capitalisation, contre 78 milliards au pic d’avril 2024, près de 65 milliards se sont évaporés.
  • Pourquoi c’est important. Pour Exor, premier actionnaire avec 15,5 % du capital et 23,9 % des droits de vote, la facture est cinglante. Stellantis, deuxième ligne du portefeuille derrière Ferrari, fond à vue d’œil et ampute l’actif net de la holding des Agnelli, qui valorisait encore la participation près de 5,7 milliards d’euros fin 2024. Surtout, la déroute fragilise John Elkann, architecte de la fusion FCA-PSA, président du conseil, qui a choisi Tavares, avalisé sa politique de dividendes, puis adoubé Filosa. Même supplice pour la famille Peugeot : les 7,7 % détenus via Peugeot 1810 plombent Peugeot Invest, dont Stellantis reste le premier actif. Robert Peugeot, reconduit vice-président en 2026 pour un ultime mandat de deux ans, voit le patrimoine familial fondre sans levier pour agir - le pacte des fondateurs interdit de renforcer les positions avant 2028.
  • Entre les lignes. Outre la chute des ventes et les rappels de véhicule la fragilité de gouvernance inquiète. Un an après le limogeage de Tavares, ni Elkann, empêtré dans ses affaires, ni Robert Peugeot, en fin de course, ni un conseil dominé par les familles actionnaires ne montent au créneau pour défendre la stratégie. Ce même conseil qui avait validé, au sommet du cycle, des milliards de dividendes et de rachats d’actions n’inspire plus confiance. Prochain juge de paix le 30 juillet, avec des comptes semestriels attendus sous le consensus D’ici là, le marché retiendra la leçon : chez Stellantis, le silence des actionnaires coûte cher.
Cette semaine, dans la rubrique Business
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