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Pouvoirs / Assemblée nationale / 14/09/2026

Budget 2027 : les députés dans l’attente des arbitrages du gouvernement

Avant d’être déposé le 30 septembre sur le bureau de l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances pour 2027 est présenté ce 17 septembre au Haut conseil des finances publiques.

Roland Lescure, le 11 septembre à Bercy (photo Carine Schmitt/AFP).
  • Ce que l’on sait. Le projet de loi de finances pour 2027, qui sera déposé le 30 septembre sur le bureau de l’Assemblée nationale, est présenté dès ce 17 septembre par les ministres Roland Lescure et David Amiel au Haut conseil des finances publiques, présidé par Amélie de Montchalin. Alors que le ministre de l’Économie Roland Lescure a annoncé vendredi une révision de la prévision de croissance pour 2026 à 0,5 % (contre 0,7 % attendu), une inflation de 2,1 % cette année et de 1,8 % l’an prochain, et indiqué que le déficit sera "supérieur à 5 % en 2026", un nouveau séminaire gouvernemental est également prévu, ce 17 septembre, a écrit le Parisien.
    Jusqu’aux annonces de l’Insee et du ministre de l’Économie jeudi et vendredi dernier, les députés des commissions des finances de l’Assemblée et du Sénat avaient une idée du contenu du budget pour 2027, depuis le "tiré à part" reçu mi-juillet, et la présentation que leur en a faite David Amiel. Face à la "machine infernale de la dette publique" et au risque d’un dérapage du déficit à 5,9 % du PIB en 2027, voire 6,8 % en 2030, le ministre des Comptes publics avait annoncé une hausse des dépenses des ministères, hors défense et service de la dette, 4 fois moins rapide que l’inflation et limitée à 0,4 %, soit 1,5 milliard d’euros, au total. Seules la défense (pour 6,4 milliards d’euros) et l’écologie - ou l’adaptation au changement climatique (pour 1,5 milliard), devaient voir leurs budgets progresser, l’éducation et la sécurité restant aussi des priorités. Les dépenses de la Sécurité sociale, en revanche, devraient augmenter plus que l’inflation, avec un retour à l’équilibre affiché pour 2029, les collectivités territoriales étant priées de limiter leurs dépenses de fonctionnement au niveau de l’inflation.
  • Les pistes de réduction des déficits. Depuis, de nombreuses pistes de réduction des déficits de l’État et de la "Sécu" ont été évoquées, entre désindexation totale ou partielle des retraites et suppression de l’abattement de 10 % des retraités, suppression des "APL" des étudiants, gels du RSA ou du minimum vieillesse, réduction du crédit d’impôt sur les services à la personne, hausses d’impôts sur les revenus élevés. Jusqu’à l’hypothèse d’une taxation de l’épargne salariale, "fuite" qui a suscité l’ire du premier ministre et un rappel à l’ordre, via un article 40 inédit.
    Dans sa "lettre aux entrepreneurs", ce 9 septembre, Sébastien Lecornu a écrit qu’il entend réduire - ne pas supprimer, donc - la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises, et créer un "pacte Papin", à côté du "pacte Dutreil" inchangé, pour faciliter la transmission des entreprises à leurs salariés. À Aix-en-Provence, le 2 juillet, le premier ministre avait aussi dit être ouvert à la suggestion du prix Nobel d’économie Philippe Aghion de mobiliser l’épargne, en particulier les grosses fortunes, pour créer des fonds de souveraineté.
  • Ce qu’ils en pensent. "Cette baisse de la croissance à 0,5 % selon l’Insee, c’est ce que j’avais dit cet été", a commenté jeudi Éric Coquerel, président LFI de la commission des finances, qui a plusieurs fois, en commission, évoqué le risque de récession.
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