Léon XIV à Paris : les coulisses d’une visite très politique
Le pape Léon XIV entame vendredi sa visite à Paris, par une rencontre avec Emmanuel Macron. Une première étape très politique, avant que le Vatican ne reprenne la main sur le programme.
- Ce qu’il faut savoir. Après son arrivée à Orly à 10 heures, Léon XIV effectuera vendredi 25 septembre la première étape politique de son voyage, à l’Élysée. Emmanuel Macron le recevra à 11 heures. À 11 h 45, le pape prononcera devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique son premier discours en France. Il poursuivra par l’Unesco, Notre-Dame et le Stade de France. Il restera à Paris le samedi pour une messe place de la Concorde, avant de gagner Lourdes, puis Metz lundi 28 septembre. Aucun pape n’avait effectué de visite à Paris depuis Benoît XVI en 2008. François s’était rendu à Strasbourg, Marseille et Ajaccio, sans jamais passer par la capitale.
- L’info à retenir. La fin de vie sera l’arrière-plan politique le plus sensible du tête-à-tête avec le chef de l’État. Emmanuel Macron a promulgué le 18 août la loi créant un droit à l’aide à mourir. Trente-huit jours plus tard, il recevra un pape qui défend le droit à la vie jusqu’à son terme naturel et qui déclarait encore le 22 juin que "jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée".
- En coulisses. L’idée de la venue du pape n’est pas née à l’Élysée. L’un de ses principaux artisans est le cardinal Jean-Marc Aveline. Le président de la Conférence des évêques de France, qui connaît Léon XIV pour avoir travaillé avec lui au dicastère pour les évêques, a insisté à Rome alors que l’agenda pontifical était annoncé saturé. Une fenêtre s’est ouverte après l’abandon d’un déplacement au Pérou envisagé fin septembre. Emmanuel Macron a ensuite appuyé l’invitation lors de son audience au Vatican le 10 avril. Après son tête-à-tête avec Léon XIV, le chef de l’État avait rencontré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, accompagné de Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États et les Organisations internationales. Ces échanges avaient notamment porté sur les conflits internationaux et la recherche de solutions par le dialogue et la négociation.
- Entre les lignes. Le protocole donne à Emmanuel Macron l’ouverture du voyage ; la suite échappe très vite à l’Élysée. En choisissant de prolonger son séjour parisien jusqu’à la grande messe place de la Concorde, Léon XIV installe sa propre séquence au cœur de la capitale. Le contraste est assumé : d’abord le chef d’État, reçu par le Président de la République, puis le pape au contact des catholiques, des jeunes, des malades et des victimes d’abus. L’Élysée obtient la photo diplomatique ; le Vatican conserve la maîtrise du message.
- Ce que cela révèle. Emmanuel Macron et Léon XIV ont des raisons de travailler ensemble sur la scène internationale. Le Vatican conserve des canaux de dialogue et une capacité de médiation que Paris regarde de près. Cela n’efface pas leurs désaccords, notamment sur la fin de vie. La relation qui se dessine est donc assez simple : se parler sur les crises du moment, sans chercher à gommer ce qui les oppose.