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Pouvoirs / Europe / 26/10/2026

Sommet Union européenne-Canada : Ursula von der Leyen attendue à Montréal

Le sommet, prévu les 29 et 30 octobre, doit lancer une "Alliance pour l’avenir". Le statut de "membre associé" évoqué par la présidente de la Commission pourrait disparaître du vocabulaire.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le Premier ministre du Canada, Mark Carney, en septembre 2026 à Strasbourg (photo Christophe Licoppe/AFP)
  • Ce que l’on sait. Aucune signature de traité n’est prévue à l’occasion de ce sommet. Le projet de déclaration conjointe, qui circule depuis fin septembre, annonce surtout des engagements politiques, parmi lesquels un accord sur le commerce numérique, dont les négociations ont été lancées en mars 2026, des investissements de la BEI (Banque européenne d’investissement) dans les minéraux critiques, des discussions sur Galileo (système européen de navigation par satellite), l’achat conjoint de 50 bombardiers d’eau De Havilland pour une mise en service vers 2030, une étude sur le GNL (gaz naturel liquéfié) canadien et de nouvelles négociations sur Erasmus. Seuls quelques accords techniques, dont la coopération entre autorités de la concurrence, devraient être signés. Un format qui rappelle celui du sommet Union européenne-Royaume-Uni de l’an dernier.
  • L’info à retenir. Le statut de "membre associé", lancé par Ursula von der Leyen dans son discours du 16 septembre, ne figure pas dans le projet de texte. Les traités européens ne prévoient aucune catégorie de ce genre, l’adhésion étant réservée aux États européens (article 49 du traité sur l’Union européenne), et le Canada n’aurait ni droit de vote ni accès au marché unique. Premier ministre du Canada, Mark Carney, poli mais réservé, parle d'"alliance unique" et exclut l’adhésion. Emmanuel Macron évoque, lui, un "État associé".
  • En coulisses. L’idée a pris plusieurs capitales de court. Selon des diplomates, l’expression ne figurait pas dans la version du discours transmise à l’avance aux gouvernements. Un responsable allemand a suggéré de reconsidérer le terme, et le chancelier estime que l’Ukraine devrait en bénéficier avant le Canada. La France dit vouloir examiner la proposition, alors qu’elle fait partie des neuf États qui n’ont toujours pas ratifié le CETA (traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne). Au Canada, deux provinces, l’Alberta et le Québec, ne veulent pas d’un statut d’associé.
  • Ce que cela révèle. L’Europe cherche une profondeur stratégique (minéraux, GNL pour se passer du gaz russe, données) et le Canada un récit d’indépendance face aux États-Unis, qui absorbent environ 70 % de ses exportations. Le commerce de biens avec l’Union européenne représente environ 92 milliards d’euros en 2025. Le Canada est par ailleurs le premier pays non européen admis dans SAFE, l’instrument de défense européen de 150 milliards d’euros. Le signal vise Washington et Pékin sans les nommer. Mark Carney en sera le premier bénéficiaire, puis Ursula von der Leyen. Le vrai test viendra après le sommet, avec la ratification du CETA par les neuf retardataires, l’adoption du règlement cloud et IA (le Canada serait, pour le coup "pays associé" au futur règlement européen) et le contenu du projet arctique.
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