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Pouvoirs / Transports / 30/03/2026

Transport maritime : une loi au soutien de la filière "vélique"

La voile aura… le vent en poupe, cette semaine à l’Assemblée nationale, où des députés examinent une proposition de loi destinée à accélérer le développement du transport maritime vélique.

Modélisation 3D de différents projets de cargos à voile, développés par la société Alfa Laval (illustration D.R.).
  • Ce qu’il faut retenir. La commission du développement durable de l’Assemblée nationale, que préside Sandrine Le Feur (EPR Finistère) examine ce 1er avril une proposition de loi destinée à accélérer le développement du transport maritime à propulsion vélique, qui viendra en séance les 7 et 8 avril. Un texte consensuel, cosigné par plus de 80 députés de huit groupes parlementaires (Horizons, DR, EPR, Modem, LIOT, PS, Écologistes, GDR), pas seulement élus des façades maritimes - mais y compris Corse et outre-mer - qui vise à soutenir une filière d’excellence française.
  • Pourquoi c’est important. La nécessaire transition énergétique du transport maritime, qui pèse 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a remis à l’ordre du jour la propulsion à voile, alternative à la propulsion fossile. Or, en quelques années, des entrepreneurs français ont développé une filière en plein essor et à deux voies, qu’il s’agisse de réduire de 5 à 20 % la consommation de carburant de la flotte mondiale des grands navires de croisière ou de commerce - porte-conteneurs, vraquiers, pétroliers - en les équipant de voiles, ailes, profils aspirés ou kites, ou de "réinventer" le transport maritime avec des voiliers-cargos ou des compagnies pionnières fondées sur des "valeurs de sobriété, de robustesse et d’ancrage local". Selon l’exposé des motifs de cette proposition, cette double filière française compte déjà plus de 14 équipementiers innovants à la R & D soutenue par l’État, 16 compagnies spécialisées, 3 usines et 1 100 emplois créés en 3 ans. Et elle vise 4 000 emplois en 2030, pour 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Pour la soutenir, ce texte "réinstaure" l’exonération de charges sociales pour les navires à propulsion principale vélique, modifie le "suramortissement vert", pour soutenir l’investissement dans des flottes réellement décarbonées, intègre le navire à voile dans le champ des certificats d’économie d’énergie, flèche une part des recettes du marché carbone maritime européen vers la décarbonation du maritime et crée une incitation fiscale en faveur des produits transportés à la voile, pour inciter les filières agricoles et ultramarines à y recourir. La rapporteure et ancienne ministre Agnès Firmin Le Bodo (Horizons, Seine-Maritime), ex-adjointe au maire du Havre Edouard Philippe, tiendra la barre, assistée par Jimmy Pahun (Modem, Morbihan), vainqueur de la Transat AG2R en 1996 - avec Alain Gautier - et Hervé Berville (EPR, Côtes-d’Armor), ex-secrétaire d’État à la Mer d’Élisabeth Borne.
  • En coulisses. Le président LFI de la commission des finances de l’Assemblée Éric Coquerel, peu amateur d’incitations fiscales mais ancien attaché de presse de la fédération française de voile et du Vendée Globe, et récent organisateur à l’Assemblée d’un colloque sur la propulsion vélique, devrait participer au débat.
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