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Pouvoirs / Succession / 07/04/2026

Banque de France : Emmanuel Moulin en campagne, l’Élysée sous pression

Le secrétaire général de l’Élysée aimerait succéder en juin à François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France. Une nomination sensible, qui est aussi un test pour le chef de l’État.

Le secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin, à la sortie d'une réunion, en décembre 2025 (photo Tom Nicholson/Anadolu/AFP).
  • L’info à retenir. Le mouvement s’accélère au sommet de l’État. Après les départs de Constance Bensussan et Émilie Piette, les deux secrétaires générales adjointes de l’Élysée parties respectivement vers la CNAF et RTE, celui d’Emmanuel Moulin se profile à son tour. Nommé secrétaire général de l’Élysée en avril 2025, il prépare sa sortie pour tenter de succéder à François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France, dont le mandat arrive à échéance fin mai 2026.
  • En coulisses. Cet ancien directeur général du Trésor, passé par les cabinets de Bruno Le Maire à Bercy puis de Gabriel Attal à Matignon, cherche à élargir son espace. Problème : son exposition au cœur du macronisme peut compliquer la suite. D’où une stratégie plus discrète, consistant à remettre en avant d’autres éléments de parcours, notamment son passage à l’Élysée sous Nicolas Sarkozy. Dans le même temps, la question de sa succession au Palais est déjà posée. Un nom revient avec insistance : Pierre-André Imbert, ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée entre 2020 et 2023, réputé pour sa connaissance fine de l’appareil d’État et sa proximité avec Emmanuel Macron.
  • Entre les lignes. Le véritable enjeu se joue désormais hors de l’Élysée. La nomination du gouverneur de la Banque de France relève de la procédure prévue par l’article 13 de la Constitution : le président propose, mais les commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat peuvent s’y opposer, à une majorité des trois cinquièmes. Un seuil rarement atteint, mais qui, dans le contexte actuel, n’apparaît plus hors de portée. La nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes en février a agacé une partie des parlementaires… Et le précédent de Richard Ferrand, validé de justesse pour le Conseil constitutionnel, reste dans toutes les mémoires
  • Ce que cela révèle. À mesure que l’échéance de 2027 approche, plusieurs figures clés se repositionnent sur des postes jugés stratégiques. Mais le rapport de force avec le Parlement a évolué : l’exécutif doit désormais composer avec un Parlement plus que jamais imprévisible. La désignation du futur gouverneur de la Banque de France est un test de l’autorité présidentielle dans la dernière phase du mandat.
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