Programmation militaire : la correction de la trajectoire en séance à l’Assemblée >
L’Assemblée entame ce 4 mai l’examen de 750 amendements, déposés par les députés, au projet de loi qui actualise la loi de programmation militaire (LPM) pour les années 2024 à 2030.
- Ce qu’il faut savoir. Porté par Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens Combattants, auditionnée ce 28 avril par la commission de la défense du Sénat, ce texte rapporté par Yannick Chenevard (EPR, Var) et Jean-Louis Thiériot (LR, Seine-et-Marne) a été discuté ces 21 et 22 avril et adopté par la commission de la défense de l’Assemblée que préside Jean-Michel Jacques (EPR, Morbihan). Le PS a voté pour aux côtés des groupes du "socle commun" (LR, EPR, Horizons, et Modem), LFI contre et le RN s’est abstenu.
- Pourquoi c’est important. Le texte augmente les moyens de la défense de 36 milliards d’euros pour les années 2026 à 2030, pour les élever à 436 milliards d’euros sur la période 2024-2030. Parmi ces ajouts, 8,5 milliards d’euros seront consacrés aux munitions - portant leur total à 26 milliards d’euros sur la période, et 8,4 milliards d’euros iront à la "dronisation". Laquelle comporte un volet défensif, c’est-à-dire la neutralisation de drones, dans les aéroports notamment et sur 1 500 sites sous responsabilité des 300 opérateurs d’importance vitale (OIV), qui pourrait être confiée à des prestataires, ce qui fait débat.
Le projet de loi, qui comptait initialement 33 articles, modifie également l’évolution prévisionnelle des effectifs entre 2026 et 2030, pour atteindre 275 000 équivalents temps plein en 2030. Il crée un nouveau service national de 10 mois, rémunéré, pour les Français volontaires de 18 à 25 ans. Il crée aussi un "état d’alerte de sécurité nationale", qui permet à l’État de déroger à des normes pour réagir vite au cas de menaces sur le territoire. - En parallèle. A aussi été adoptée en commission, la possibilité donnée au ministre de contrôler avant publication les livres publiés par d’anciens agents de services de renseignements (DGSE, DGSI, DRM, Tracfin…), pour éviter la divulgation d’éléments classés "secret défense" ou la mise en danger d’agents en exercice. Mais quid de leurs interventions en direct sur les plateaux de télévision ?