Finances publiques : la Cour des comptes face aux sénateurs, avant le comité d’alerte
La commission des finances du Sénat, présidée par Claude Raynal (PS) et dont le rapporteur général est Jean-Paul Husson (LR), auditionne ce 30 juin Carine Camby, présidente de la première chambre de la Cour des comptes, sur le rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, publié par la Cour le 25 juin.
Auditionnée par la commission des finances de l’Assemblée, ce même 25 juin, elle a sonné l’alarme, rappelant que "la France est le seul pays de la zone euro qui a augmenté son ratio de dette depuis la crise sanitaire". Avant d’ajouter : "Le constat est sans appel. Avec une charge de la dette qui consomme pratiquement toutes nos marges de manœuvre budgétaire, la France n’a plus de choix. Tant que le déficit ne sera pas redescendu nettement sous les 3 %, chaque année continuera d’alourdir le fardeau que nous léguons aux générations futures".
En réponse à Philippe Juvin, rapporteur général du Budget, elle a annoncé la réunion, "le 7 juillet", d’un "nouveau comité d’alerte (qui) pourrait faire évoluer ces chiffres (ceux retenus en avril d’un surplus de dépenses de 6 milliards d'euros, compensés par 4 milliards d’économies de l’État et 2 milliards côté Sécurité sociale, N.D.L.R.) à la hausse", a-t-elle annoncé.
Elle a également évoqué "le risque que les marchés ne fassent pas confiance à la France pour avoir une stratégie de redressement de ses finances publiques qui évite d’augmenter toujours plus le volume de dette". Refusant un "scénario à l’italienne", elle a ajouté qu’il fallait "absolument éviter de se voir imposer des mesures d’ajustement".
Pour 2026, la Cour prévoit en effet une "augmentation massive de la charge de la dette […] de 12 milliards en 2026, portant le total de la charge d’intérêts à 77 milliards, soit 2,5 points de PIB". C’est-à-dire la moitié du déficit prévu ! "La charge de la dette aura donc doublé entre 2020 et 2026", a-t-elle insisté. Avec 160 milliards d’euros de dette supplémentaire en un an, "le stock total passera les 3 620 milliards, soit 118,5 points de PIB, ce qui représente une hausse de 3 points, pour la troisième année consécutive".