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Business / Télécoms / 06/07/2026

Brookfield prend la tête de la course pour acquérir la fibre de Patrick Drahi

Premier tour bouclé dans la vente de XpFibre : le canadien Brookfield distance KKR et DigitalBridge et négocie déjà une participation de contrôle. Un accord est attendu sous peu.

Un homme installe la fibre optique et se connecte au réseau (photo Arnaud Chochon/Hans Lucas/AFP).
  • Ce qu’il faut savoir. Sur les sept offres initiales reçues en février, Altice n’en avait retenu que quatre pour la deuxième phase : KKR, DigitalBridge, Vauban Infrastructure Partners et Brookfield. À l’approche des offres fermes, le rapport de force s’est clarifié. Brookfield Asset Management a pris l’avantage sur ses concurrents et mène des négociations avancées sur les modalités d’un éventuel accord, qui pourrait être conclu dès les prochaines semaines. Selon les informations de La Lettre de L’Expansion, KKR, DigitalBridge et le canadien CPPIB ne devraient plus déposer d’offre, laissant le Français Vauban seul face à Brookfield. Ce dernier est arrivé pourtant tardivement dans le processus, mais s’est imposé comme le candidat le plus déterminé. Les premières offres situent XpFibre autour de 8 milliards d’euros, dette comprise - un net rebond par rapport à la tentative avortée de 2024, où les acquéreurs plafonnaient entre 6 et 7 milliards. Le dossier est piloté par BNP Paribas et Lazard pour le compte d’Altice.
  • Un actionnariat en millefeuille. L’ex-SFR FTTH, rebaptisé en mars 2021, est détenu à 50,01 % par Altice France. Le solde appartient à un consortium mené par OMERS Infrastructure, aux côtés d’Allianz Capital Partners et d’AXA IM Alts, entrés fin 2018 pour 1,8 milliard d’euros - valorisant alors l’ensemble à 3,6 milliards. C’est bien la part majoritaire d’Altice qui est aujourd’hui sur la table, les minoritaires conservant pour l’heure leurs positions.
  • Une rentabilité d’infrastructure. Le modèle est celui d’une infrastructure pure : un réseau desservant 7 millions de foyers sur l’ensemble du territoire, dont les lignes sont louées en gros aux opérateurs. Des prises tangibles, des revenus récurrents et contractualisés, une demande croissante : exactement le profil que recherchent les fonds d’infrastructure. La décote par rapport aux multiples de 2022 - au-delà de 20 fois l’EBITDA - reflète la remontée des taux, ramenant les valorisations vers des niveaux de 12 à 14 fois, plus soutenables.
  • La déferlante Brookfield sur la France. Outre cette opération, le groupe mène depuis trois ans une offensive méthodique sur les actifs européens, et la France en est le fer de lance. Présent dans l’Hexagone depuis 2015, Brookfield y a ouvert fin 2024 un hub parisien. Son portefeuille tricolore est impressionnant : l’opérateur de tours TDF, le groupe Neoen, acquis pour 6,1 milliards d’euros. Et l’IA est devenu son terrain de chasse : En février 2025, il annonçait 20 milliards d’euros d’investissements dans l’infrastructure IA française, portés à 30 milliards lors du sommet Choose France.
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