La rentrée internationale d’Emmanuel Macron… avant la bataille de 2027
De Paris à Miami, en passant par New York, Split, Antalya, Dublin, le Cambodge et Abou Dhabi, le calendrier diplomatique d’Emmanuel Macron est particulièrement dense jusqu’à la fin de l’année.
- Ce qu’il faut savoir. Le premier grand rendez-vous diplomatique de la rentrée se déroulera à domicile pour Emmanuel Macron : les 9 et 10 septembre, la France organisera au Grand Palais, à Paris, le premier Sommet international sur l’espace. L’événement doit réunir près de 120 délégations étrangères, ainsi que des organisations internationales et des entreprises du secteur. L’astronaute Thomas Pesquet et l’entrepreneure Hélène Huby ont été désignés envoyés spéciaux du président de la République pour porter cette initiative.
Le deuxième temps fort devrait conduire Emmanuel Macron à New York. Le débat général de la 81e Assemblée générale des Nations unies se déroulera du 22 au 26 septembre, puis le 28 septembre. La participation du président français n’a pas encore été officiellement inscrite à son agenda. Elle demeure néanmoins attendue, l’Assemblée générale constituant l’un des principaux rendez-vous diplomatiques de la rentrée.
Une étape croate devrait ensuite s’ajouter au programme présidentiel. La Croatie accueillera le 7 octobre, à Split, le sommet du MED9, qui réunit les neuf pays méditerranéens de l’Union européenne. Cette réunion doit notamment permettre aux dirigeants de coordonner leurs positions avant le Conseil européen du 15 octobre.
Le mois de novembre sera beaucoup plus resserré. La COP31 se déroulera à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre. La séquence réservée aux chefs d’État et de gouvernement est programmée les 11 et 12 novembre.
Le calendrier européen prévoit, au même moment, une réunion de la Communauté politique européenne le 12 novembre à Dublin. Elle sera suivie, le 13 novembre, d’une réunion informelle des chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne, également organisée dans la capitale irlandaise.
Le président français est ensuite attendu au Cambodge les 15 et 16 novembre pour le XXe Sommet de la Francophonie. Une visite d’État d’Emmanuel Macron sera organisée en marge du sommet. Le déplacement permettra à Paris de réaffirmer son engagement dans l’espace francophone et de renforcer ses relations avec un pays situé au cœur de la stratégie française en Indo-pacifique.
Fin novembre, un Conseil européen spécial est envisagé les 26 et 27 à Bruxelles, principalement autour du futur budget de l’Union.
Une étape à Abou Dhabi pourrait également s’ajouter au calendrier présidentiel. Les Émirats arabes unis et le Sénégal y organiseront, du 8 au 10 décembre, la Conférence des Nations unies sur l’eau. La rencontre doit réunir plusieurs dirigeants internationaux. Emmanuel Macron pourrait y participer. Une présence qui densifierait encore son agenda, quatre jours avant l’ouverture du G20 chez Donald Trump aux États-Unis.
Le sommet du G20 se tiendra en effet à Miami les 14 et 15 décembre. La France étant membre de cette enceinte, le locataire de l’Élysée y est naturellement attendu même si l’administration Trump a déjà fait savoir que la Russie serait aussi conviée à ce rendez-vous. Le Kremlin n’a pas indiqué si Vladimir Poutine ferait lui-même le déplacement ou si Moscou serait représenté à un autre niveau.
Enfin, deux jours plus tard, le 17 décembre, un dernier Conseil européen est programmé à Bruxelles. - Entre les lignes. Cette succession de sommets offrira à Emmanuel Macron une scène que les candidats à la présidentielle ne peuvent pas encore lui disputer.
À Paris, il pourra mettre en avant la souveraineté technologique et spatiale. Aux Nations unies, le multilatéralisme. À Split, Bruxelles et Dublin, la capacité d’action de l’Europe et les intérêts des pays méditerranéens. À Antalya, la diplomatie climatique. Au Cambodge, la Francophonie et l’Indo-pacifique. À Miami, enfin, les équilibres économiques mondiaux et la relation avec l’administration américaine.
Mais cette visibilité internationale aura son envers : à partir de septembre, chacun de ces déplacements sera observé à travers le prisme de l’échéance présidentielle. Les sommets européens d’octobre et de décembre, ainsi que la séquence de novembre, interviendront en pleine discussion budgétaire en France. L’opposition ne manquera pas de confronter les ambitions diplomatiques du président aux contraintes économiques et politiques nationales. - Ce que cela révèle. La campagne pour la présidentielle ne mettra pas l’action d’Emmanuel Macron à l’international entre parenthèses. L’automne 2026 permettra au chef de l’État de continuer à peser.