Au Sénat, des instances dirigeantes renouvelées… avec modération
Suite à l’élection des 178 sénateurs de la moitié des départements, le Sénat publie les listes des sénatrices et sénateurs qui composent ses différents groupes politiques.
- Ce qu’il faut savoir. Suite à l’élection, dimanche 27 septembre, des 178 sénateurs de la moitié des départements, suivie de la réélection dès le 1er tour ce 1er octobre, de Gérard Larcher à sa présidence, le Sénat publie ce lundi 5 octobre les listes des sénatrices et sénateurs qui composent ses différents groupes politiques. Leur nombre passe de 8 à 9, avec l’élection de 14 députés RN et UDR qui leur permet de créer un groupe parlementaire, synonyme de moyens et de financements publics.
- Groupe RN. Jusqu’alors députée RN de Gironde et élue sénatrice, Edwige Diaz a été désignée présidente du nouveau groupe RN-UDR, a annoncé ce 29 septembre Jordan Bardella. Aucun vote n’a été organisé, les nouveaux sénateurs se sont accordés sur son nom lors d’une réunion des parlementaires à l’Assemblée nationale. Edwige Diaz présidera un groupe annoncé à quinze membres, qui comprendra notamment les deux sénateurs UDR des Alpes-Maritimes, Laurent Castillo et Gaëlle Frontoni, ainsi que Sylvie Goy-Chavent, réélue dans l’Ain après avoir siégé jusque-là au groupe Les Républicains.
- Groupe Les Républicains. Ce 30 septembre, Mathieu Darnaud a été réélu à la présidence du groupe LR (en baisse, semble-t-il, de 134 à 128 membres).
- Groupe LI-RT. Stable également, le groupe "philippiste" Les Indépendants — République et Territoire (LI-RT) autour de 20 ou 21 sénateurs, dont le président Claude Malhuret a été réélu jeudi 1er octobre, après une tentative de Louis Vogel (Seine-et-Marne) de prendre sa place… ou de s’allier avec des sénateurs, comme Cyril Pellevat (LI-RT, Haute-Savoie) ou Etienne Blanc, ex-sénateur LR du Rhône, qui envisageaient de créer un groupe Nouvelle Énergie, du nom du parti de David Lisnard. Le maire de Cannes, président de l’Association des maires de France et candidat libéral à la présidentielle avait en effet affiché au soir de l’élection, le 27 septembre, une liste de 14 sénateurs élus avec le soutien ou l’investiture de son parti. Mais vendredi, cette tentative de créer un groupe Nouvelle Énergie, paraissait avoir fait long feu.
- Groupe Centristes. Hervé Marseille a été réélu président du groupe Union Centriste (en hausse de 73 à 74). Un groupe qu’a rejoint Renaud Muselier, ex-président "macroniste" de la région PACA.
- Groupe RDPI. Sénateur des Hauts-de-Seine, Xavier Iacovelli a été élu (face à Jean-Baptiste Lemoyne) à la présidence du groupe "macrono-attaliste" RDPI où il succède à François Patriat, décédé le 19 août. Un groupe qui devrait compter entre 16 et 18 sénateurs, dont de nombreux Ultramarins.
- Groupe RDSE. Plus vieux groupe du Sénat, le Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE) qui réunit des centristes de droite et de gauche, baisserait de 17 à 14, devrait rester présidé par Maryse Carrère.
- Groupe PS. Le sénateur du Nord Patrick Kanner a également été réélu (par 39 voix contre 19 à Rachid Temal) à la présidence du groupe PS qui perdrait 4 sénateurs (de 78 à 74) - bien qu’il soit rejoint par François Rebsamen, élu ce 27 septembre sénateur de Côte d’Or - mais resterait le deuxième du Sénat (les deux premiers étant les groupes LR et centristes, qui détiennent à eux seuls la majorité au Sénat). Un retour au bercail pour l’ex-maire PS de Dijon, éphémère ministre du Travail de François Bayrou et aujourd’hui membre de la Convention de Bernard Cazeneuve, qui devrait démissionner de la présidence de Dijon Métropole.
- Groupe Écologistes. Réélue sénatrice des Français de l’étranger, Mélanie Vogel a été élue présidente du groupe Les Écologistes et succède ainsi à Guillaume Gontard. Ce groupe passerait de 15 à 12 sénateurs environ (du fait de pertes dans le Rhône, le Bas-Rhin et en Gironde), bien qu’il soit rejoint par Marc Péré, élu sur une liste d’union EELV-LFI-Génération. s, en Haute-Garonne.
- Groupe Communiste. Le groupe communiste CRCE-K, présidé par Cécile Cukierman, reste stable, à 19 sénateurs.
- Non-inscrits. Gabriel Amard, premier sénateur LFI élu dans le Rhône (et gendre de Jean-Luc Mélenchon), qui devrait rejoindre les non-inscrits.
- Côté bureau. Le Sénat élit ce 6 octobre son bureau (vice-présidences, questeur(e) s et secrétaires) et publie la composition de ses 7 commissions permanentes : finances, lois, affaires économiques, aménagement du territoire et développement durable, affaires sociales, culture-éducation-communication-et-sport, affaires étrangères-défense-et-forces armées. Celles-ci constituent à leur tour leurs bureaux ce 7 octobre, et procèdent à l’élection à leurs présidences.
- Côté commissions. À la présidence de la commission des finances, Thierry Cozic (PS, Sarthe) est candidat à succéder à son collègue socialiste Claude Raynal. Tandis que Christine Lavarde (LR, Hauts-de-Seine) part légèrement favorite pour succéder au poste de rapporteur général à Jean-François Husson (LR, Meurthe-et-Moselle), qui n’était pas candidat à rempiler. Mais elle aura fort à faire avec Stéphane Sautarel, réélu dans le Cantal, apparenté LR, membre de Nouvelle Énergie et lui aussi candidat, plus provincial et jugé moins "techno". À la commission des affaires sociales, dont Philippe Mouiller (LR, Deux-Sèvres) devrait conserver la présidence et Olivier Henno (UC, Nord) succéder à Élisabeth Doisneau (UC, Mayenne), au poste de rapporteur général du PLFSS. À la présidence de la commission de la culture et de l’éducation, dévolue à un centriste, Pierre-Antoine Lévi (Tarn-et-Garonne) devrait succéder à Laurent Lafon. En revanche, Cédric Perrin (LR, Territ. Belfort) devrait conserver la présidence de la commission de la défense et des affaires étrangères, comme Muriel Jourda (LR, Morbihan) celle des lois et Dominique Estrosi Sassone (LR, Alpes-Maritimes), celle des affaires économiques.
Seront aussi constitués à cette occasion, les bureaux de la commission des affaires européennes et ceux des commissions spéciales créées pour examiner deux textes : le projet de loi sur la résilience des infrastructures critiques et le renforcement de la cybersécurité, et la proposition de loi des sénateurs LR Pauline Martin (Loiret) et Mathieu Darnaud, réélu en Ardèche et à la présidence du groupe LR, qui vise à "repenser l’agencification pour renforcer l’action publique". Issue des 61 recommandations remises en juillet 2025 par la commission d’enquête sur les missions des agences de l’État, rapportée par Christine Lavarde, elle vise à réduire la fragmentation de l’action publique et à améliorer son efficacité, et notamment à supprimer les "doublons" de compétences.