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Business / Automobile / 12/10/2026

Les hedge funds parient un milliard d’euros contre Stellantis

L’action Stellantis a fini jeudi à 3,85 euros, son plus bas depuis la fusion de 2021. Le groupe ne vaut plus que 11,6 milliards d’euros et 8,5 % de son capital est vendu à découvert par des fonds.

Antonio Filosa, le 30 septembre à Détroit, lors du 50e congrès Automotive News (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut savoir. L’action Stellantis a clôturé jeudi à 3,85 euros à la Bourse de Paris. Elle a donc perdu 57,4 % depuis le début de l’année et 17 % en un mois. La capitalisation boursière du constructeur de Peugeot et de Jeep est tombée à 11,6 milliards d’euros. Elle atteignait 78 milliards au printemps 2024, avant la chute des ventes aux États-Unis qui a coûté son poste à Carlos Tavares. Renault, dont les ventes représentent à peine plus du tiers de celles de Stellantis, vaut 7,8 milliards d’euros. L’écart entre les deux groupes, proche de 17 milliards début janvier, se limite désormais à 3,8 milliards.
  • Pourquoi c’est important. Les positions courtes déclarées au régulateur boursier italien, représentaient la semaine passée 8,56 % du capital de Stellantis. Elles étaient de 0,52 % il y a un an et de 4,35 % fin juillet. Neuf positions dépassent le seuil de publication de 0,5 %. Marshall Wace arrive en tête avec 2,10 %, le double de son niveau de fin juillet. Citadel, par deux entités, et AQR ont franchi ce seuil depuis le 23 septembre. Au cours actuel, ces paris à la baisse portent sur environ 950 millions d’euros.
  • Les autres raisons de la baisse. Les vendeurs à découvert ne sont pas seuls en cause. Stellantis a annoncé mardi dernier aux syndicats l’arrêt en octobre de trois usines françaises, et le titre a cédé 3,5 % dans la séance. À Mulhouse, la production sera suspendue du 15 au 30 octobre faute de demande pour les Peugeot 308 et 408. Sochaux et Rennes s’arrêteront fin octobre en raison d’une pénurie de batteries. Le 22 septembre, le groupe avait déjà annoncé le chômage partiel de 1 074 salariés à Mirafiori, en Italie.
  • Les coups d’épée dans l’eau d’Antonio Filosa. Les interventions récentes du patron du troisième constructeur mondial devant les investisseurs n’ont pas enrayé la baisse. L’action a perdu plus de 10 % fin avril après les comptes du premier trimestre, puis plus de 6 % en séance le 21 mai, jour de la présentation du plan FaSTLAne 2030. Le 30 juillet, un résultat opérationnel de 773 millions d’euros, inférieur aux 914 millions attendus, lui a coûté 4,3 %. Morgan Stanley et Berenberg ont abaissé leur recommandation en septembre.
  • Entre les lignes. Le 10 septembre dernier à New York, devant des investisseurs réunis par Jefferies, Antonio Filosa a dit voir "le monde divisé en deux", avec d’un côté les États-Unis et de l’autre le reste du monde. Aux États-Unis, le groupe développe seul ses Jeep et ses Ram. L’assouplissement des normes de consommation pourrait lui faire économiser 6,6 milliards de dollars d’ici 2031. De plus en plus d’analystes et de banquiers y voient une scission de fait, l’Amérique du Nord étant redevenue bénéficiaire au deuxième trimestre quand l’Europe restait en perte. Certains évoquent désormais une séparation juridique. Carlos Tavares décrivait ce scénario dès octobre 2025, en imaginant un constructeur chinois candidat au rachat des activités européennes. En mars dernier Bloomberg avait rapporté que la restructuration en Europe pourrait accentuer la séparation entre les deux ensembles. Stellantis avait alors démenti tout projet de scission.
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