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Business / Événementiel / 19/10/2026

Stéphane Courbit s’offre le carnet d’adresses de Tony Estanguet

Banijay Group prend 50 % du capital de mates, la société d’événementiel sportif de Tony Estanguet. L’ex-patron des JO de paris vient aussi d’entrer au conseil de Christian Dior.

François Riahi, bras droit de Stéphane Courbit et directeur général de Banijay Group et Tony Estanguet (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut comprendre. Ce n’est pas une entreprise que vient d’acheter Stéphane Courbit, mais un carnet d’adresses. Mates, constituée le 11 février 2026 avec 1 000 euros de capital, n’a ni épreuve à son calendrier ni chiffre d’affaires connu. Mais cela n’empêche pas Banijay Group d’acquérir 50 % de son capital, sans dévoiler le montant du chèque. Tony Estanguet en reste président, Michaël Aloïsio directeur général. La logique est ailleurs : le groupe de production audiovisuelle, qui affiche un chiffre d’affaires de 4,9 milliards d’euros, voit son activité à destination de la télévision s’essouffler alors que ses événements en "live" ont bondi de 18,2 % en 2025, à 397 millions, puis de près de 50 % au premier semestre 2026. Sa filiale Balich Wonder Studio a signé la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de Milan-Cortina. Il manquait au groupe des épreuves dont il serait propriétaire. Tony Estanguet évoque la course à pied et le vélo, chasse gardée d’Amaury Sport Organisation (ASO), qui hérite d’un concurrent adossé à un vrai bilan. À noter que selon certaines rumeurs le groupe CMA Media, dont la famille Saadé est actionnaire, serait intéressé par ASO si la famille Amaury s’en défaisait. D’autant que CMA-CGM sponsorise une équipe cycliste sur le Tour de France.
  • Pourquoi c’est intéressant. Les statuts de mates décrivent une start-up verrouillée comme un coffre. Avec comme actionnaires fondatrices, deux holdings personnelles. D’une part Tigale, domiciliée près de Pau, qui porte les intérêts de Tony Estanguet, le président de la société. Et d’autre part Wealo, holding de Michaël Aloïsio, ancien directeur général délégué de Paris 2024, qui en assure la direction générale. L’objet social ratisse large, de l’organisation d’événements à la production de contenus, des prises de participations à l’immobilier. Les actions y sont déclarées inaliénables pendant cinq ans, sous la garde d’un droit de préemption et d’une clause d’agrément. Tout cela n’a pas empêché Banijay de s’inviter au capital huit mois après sa création. Dans un attelage à 50/50 où les décisions se prennent à la majorité simple, le vrai pouvoir se lira dans le pacte d’associés, dont une première version a été signée le jour même de la création et qui n’est pas public. L’ancien champion olympique aborde ce virage professionnel l’esprit libre. Le Parquet national financier a classé sans suite l’enquête ouverte en février 2024 sur sa rémunération à la tête du comité d’organisation de Paris 2024. Lui qui a décliné deux fois le ministère des Sports voulait mener sa propre barque.
  • En coulisses. Le 7 octobre dernier, cinq jours avant l’annonce de la prise de participation de Banijay, Christian Dior a coopté Tony Estanguet comme administrateur indépendant et membre du comité d’audit. La holding de tête de LVMH, détenue à 96 % par la famille Arnault, prépare sa fusion avec Agache et une offre publique de retrait. Le Groupe LVMH est par ailleurs proche de Stéphane Courbit et a aidé ce dernier à financer certains de ses hôtels de luxe. Par ailleurs la Financière Agache a parrainé le Spac Pegasus Entrepreneurs qui a conduit Banijay à la Bourse d’Amsterdam.
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