Michel David-Weill laisse moins d'un milliard à ses filles >
Surnommé par les uns « le dernier empereur de Wall Street » ou « le Roi Soleil », Michel David-Weill a eu une vie de banquier d'affaires très remplie mais, paradoxalement, il n'a pas construit une fortune à la hauteur de sa réputation. Il avait vendu ses parts dans la banque Lazard il y a près de vingt ans à Bruce Wasserstein, décédé depuis, qui a fait coter la prestigieuse maison. Et l'essentiel des actifs de Michel David-Weill était constitué par ses parts dans la société Eurazeo (contraction de Eurafrance et de Gaz et Eaux), deux des grandes holdings qui étaient détenues, par l'intermédiaire de la société civile Haussmann Percier, par les plus importants associés-gérants de la banque, notamment Antoine Bernheim et Jean Guyot.
À la date de son décès, Michel David-Weill détenait en direct 0,08 % d'Eurazeo. L'indivision Michel David-Weill détenait 4,13 % du capital. La société américaine Quatre sœurs LLC (comme les quatre filles du banquier) détenait 3,93 %. Enfin, la société belge Palmes CPM SA, détenue par sa troisième fille Nathalie Merveilleux du Vignaux, détient d'ores et déjà 1,31 % d'Eurazeo. Depuis le mois de septembre dernier, l'indivision a été dissoute et chacune de ses filles a reçu en direct 1,03 % du capital. In fine, les actions Eurazeo représentent au total un actif de près de 400 millions d'euros. À cela s'ajoute l'hôtel particulier de la rue Saint-Guillaume, longtemps détenu par la famille Paul-Cavalier, grosse actionnaire de Pont-à-Mousson. Il est détenu par la SCI de l'Hôtel de Laigue, dont Michel David-Weill a déjà donné la nue-propriété des parts à ses quatre filles. Il pourrait valoir 130 millions d'euros, compte tenu de la taille importante du jardin qui rejoint le nouveau siège de Sciences Po, place Saint-Thomas-d'Aquin à Paris.
Il faut aussi compter sur la propriété « Sous le vent » à Antibes, le château d'Hautefort dans le Périgord, un immense appartement à Manhattan et une très grande villa dans les Hamptons. Enfin, la collection d'art, dont une petite partie a déjà été donnée au Musée d'Orsay (notamment les Daumier) est gigantesque. Les connaisseurs assurent que le banquier décédé était le plus important propriétaire privé de tableaux de Boucher, Fragonard, Watteau et Corot. De quoi payer les droits de succession grâce au système de la dation et laisser à Béatrice Stern, Cécile David-Weill (ex-de La Baume), Nathalie Merveilleux du Vignaux et Agathe Mordacq, le souvenir d'un père collectionneur cultivé, esthète raffiné et mécène attentionné.