Une mise en vente de Fraikin se profile sur la base de 3 milliards d’euros >
Les actionnaires de Fraikin auraient commencé à travailler avec Bank of America et Lazard sur une cession qui pourrait intéresser des gestionnaires de flotte ou des fonds d’infrastructures.
- L’information à connaître. Selon des informations de marché, rapportées notamment par Bloomberg, les actionnaires du loueur de véhicules utilitaires Fraikin exploreraient une cession. Ils ont d’ores et déjà commencé à travailler avec Bank of America et Lazard sur le schéma d’une mise en vente avec une valorisation estimée autour de 3 milliards d’euros (dette comprise). Fraikin est actuellement détenu par un consortium d’établissements bancaires et de fonds, voire de hedge funds comme Alcentra, Barclays, Barings, Canyon Partners, Davidson Kempner, HSBC, Triton Partners, Värde Partners et JP Morgan Asset Management. Ce tour de table hétéroclite est le résultat de la restructuration financière de Fraikin consécutive aux graves problèmes financiers rencontrés en 2018, lorsque l’entreprise était détenue par CVC Capital Partners. Les difficultés de cette époque avaient conduit certains de ses créanciers à convertir leurs créances en actions. Cela avait été suivi par l’acquisition de la holding de Fraikin, FTI, par ce consortium mené par Alcentra et Värde Partners, et par une recapitalisation à hauteur de 500 millions d’euros.
- Pourquoi c’est important. Une cession de Fraikin à un acteur industriel ou à un fonds sur la base d’une valorisation de 3 milliards d’euros marquerait le retour à la normale pour cette entreprise et une sortie par le haut pour ses actionnaires actuels, qui sont trop hétéroclites pour avoir des intérêts alignés et accompagner Fraikin sur le long terme. Depuis le rachat de son concurrent Via Location en 2020, le groupe affiche un chiffre d’affaires supérieur au milliard d’euros avec une marge opérationnelle supérieure à 6 %. Son parc, qui compte 60 000 véhicules utilitaires, a été modernisé et lui permet de se positionner comme leader européen de la location industrielle. Une première tentative de cession, menée par la banque américaine Moelis, a achoppé il y a deux ans. Les fonds Apollo et KKR s’étaient montrés intéressés. Mais un désaccord était apparu sur la valorisation de l’entreprise.
- Entre les lignes. Chez Lazard Frères, c’est Pierre Ouaknin, en charge des dossiers Transport & Logistique, qui le dossier en lien avec François Guichot-Pérère. Ensemble ils vont solliciter deux catégories d’acquéreurs. Soit un industriel du secteur comme Ayvens, Element Fleet Management, Ryder (en quête d’expansion européenne), voire Loxam qui voudrait diversifier ses activités. Soit un fonds d’infrastructure compte tenu des flux récurrents dans ce métier.