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Business / Concurrence / 29/08/2022

Le futur « spin-off » d'Editis ne résout pas tout pour Vivendi

Le groupe Vivendi, détenu à 29 % par Bolloré, a annoncé, le 28 juillet dernier, son intention de se séparer de sa filiale Editis en distribuant la totalité des actions de sa filiale d'édition à ses actionnaires et en l'introduisant à la Bourse de Paris de manière simultanée. Pour l'heure, on ne connaît ni les détails ni la valorisation, même si celle-ci serait proche des 900 millions d'euros payés il y a quatre ans à l'espagnol Planeta pour son acquisition. Ce projet ne sera signifié aux autorités européennes de la concurrence que dans les tout prochains jours et, du reste, pose au moins autant de problèmes qu'il apporte de solutions. Bien sûr il résout les énormes problèmes de concurrence posés par le contrôle d'Hachette (via Lagardère) et celui d'Editis. Bien sûr Vivendi met fin au risque de détenir le quasi-monopole de la distribution de livres en France. Bien sûr il ôte des armes à son principal détracteur : Antoine Gallimard.

Mais en distribuant les actions Editis à ses actionnaires, Vivendi va transférer 30 % du capital du groupe dirigé par Michèle Benbunan à son principal actionnaire, la société Bolloré, dirigée par Cyrille Bolloré. Vivendi s'est empressé de préciser que « Bolloré, actionnaire de référence de Vivendi, devrait céder l'ensemble des actions Editis ainsi reçues de manière à doter Editis d'un noyau actionnarial de référence et stable ». Mais pour le monde de l'édition cela est bien vague. Par ailleurs, vis-à-vis de Bruxelles, si Vivendi règle la question de la part de marché excessive dans le domaine du livre, il laisse entier le sujet qui interdit au numéro un du secteur de choisir qui sera le numéro deux. Or c'est bien ce qui va se passer avec la cession des 30 % d'Editis détenus par Vivendi. Même si certains voient déjà dans le groupe de Bernard Arnault (actionnaire à hauteur de 9,25 % de Madrigall, holding de Gallimard) l'acquéreur naturel de cette participation.

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