Nicolas de Tavernost sur la défensive >
Selon nos informations, le patron de M6 et ses équipes ont travaillé tout le week-end afin de remettre ce matin avant midi, auprès de l'Arcom, le meilleur dossier possible pour le renouvellement de la fréquence TNT de la chaîne du groupe Bertelsmann. Poussé dans les cordes par Xavier Niel et son intense lobbying basé sur le fait que M6 ne soutient pas assez la création audiovisuelle, Nicolas de Tavernost a passé tout son week-end au téléphone avec les différents syndicats de producteurs audiovisuels.
À contrecœur, il a proposé à la veille du week-end une augmentation de son niveau d'investissement en matière de création en le faisant passer de 10,5 à 11,5 % du chiffre d'affaires. Pour mémoire, l'obligation contenue dans le cahier des charges de TF1 est de 12,5 %.
Si l'USPA, qui défend les intérêts de près de 200 sociétés de production indépendantes d'œuvres audiovisuelles patrimoniales, aurait donné son accord en fin de semaine dernière sur le seuil de 11,5 %, ce n'est pas le cas des autres principales organisations de cette filière. À commencer par le SPI – seul syndicat unitaire de la production audiovisuelle qui représente près de 480 sociétés de production indépendantes –ni de la puissante Société des auteurs compositeurs dramatiques que dirige le très influent Pascal Rogard. Ces deux organisations exigent un alignement des obligations de M6 Sur celles de TF1.
Actuellement, moins d'un quart du montant déclaré par M6 concernant son investissement en œuvres patrimoniales est dédié à de la fiction de prime time, soit moins de 20 millions d'euros par an. À comparer à plus de 250 millions d'euros pour France TV et 125 millions pour TF1.