Arnaud Lagardère se sépare d'un commissaire aux comptes sanctionné >
Arnaud Lagardère vient de procéder – contraint et forcé – au remplacement du commissaire aux comptes qui auditait depuis des années ses holdings personnelles, notamment Lagardère Capital et LM Holding. Il y a quelques jours, il a procédé à la nomination du cabinet Crowe HAF en remplacement de Guy Isimat-Mirin, 70 ans, qui a été radié – mesure exceptionnelle – par le Haut conseil du commissariat aux comptes, le 20 avril dernier. Ancien auditeur chez Mazars et ex-membre du comité exécutif de cette maison pendant vingt ans, celui-ci s'est mis à son compte en 2016 avec, comme client important parmi d'autres, le fils de Jean-Luc Lagardère. Ce que la haute autorité de sa profession lui a reproché est grave : « diligences insuffisantes », « jugement professionnel défaillant », « absence de déclaration à Tracfin »… et d'autres encore. L'essentiel des faits pointés par le H3C vise un compte courant débiteur de Lagardère SAS, société intégralement détenue par Arnaud Lagardère, pour un montant de 177 millions d'euros. Le droit des sociétés interdit le prêt d'argent d'une société à son actionnaire, requalifié comme une forme d'abus de bien social. Toutes ces entorses à la déontologie professionnelle des commissaires aux comptes ont entraîné la radiation pour trois années de Guy Isimat-Marin et une sanction pécuniaire de 20 000 euros. Mais, à la lecture de la décision du H3C, il ressort surtout l'ampleur des anomalies, voire des « irrégularités » commises au seul profit d'Arnaud Lagardère. Des turpitudes qui auraient dû être communiquées au procureur de la République par le commissaire aux comptes.