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Business / Banque européenne / 03/02/2025

Après Commerzbank et BPM, c'est au tour de Mediobanca d'être dans la ligne de mire pendant que la Société Générale redoute, elle aussi, d'être attaquée

En réouvrant, il y a un an, le dossier de l'Union des marchés de capitaux, avec les rapports rédigés par Christian Noyer et Enrico Letta, les pouvoirs publics européens ont donné le coup d'envoi, nolens volens, de nouvelles grandes manœuvres dans le domaine de la banque au sein de la zone Euro. UniCredit, menée de main de maître par Andrea Orcel, a aussitôt décidé de fondre sur Commerzbank. Pour l'heure, la banque italienne détient un peu moins de 10 % du capital, et 18,5 % à travers des produits dérivés. Ce qui lui donne la possibilité de monter à 29 % du capital, lorsque toutes les autorisations seront réunies. Tout dépendra du résultat des élections allemandes et de l'attitude du nouveau chancelier, dans la mesure où Berlin détient encore 12,11 % de Commerzbank. Par ailleurs, UniCredit a lancé une OPA sur sa consœur italienne BPM. Ce qui a amené le Crédit Agricole à porter sa participation dans la banque milanaise à 15,1 % du capital et à demander à la BCE l'autorisation de détenir jusqu'à 19,9 % du capital.

Il y a dix jours, Mediobanca, qui a été au cœur, voire à l'origine, de nombre d'OPA et de manœuvres hostiles en Italie comme en Europe, est devenue la cible de la banque MPS, dont l'État italien est encore actionnaire. Une opération regardée, cette fois, avec la plus grande bienveillance par la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, même si ce sont les familles Del Vecchio et Caltagirone, actionnaires à la fois de MPS, de Mediobanca et de Generali, qui sont les inspiratrices de cette OPA. Avec, comme but non avoué, de reprendre en main l'assureur de Trieste au moment où celui-ci vient de conclure avec BPCE un accord pour réunir dans une société commune, immatriculée aux Pays-Bas, leurs gestions d'actifs. Car il n'existe aucune synergie dans un rapprochement MPS-Mediobanca. Derrière cette manœuvre hostile, il s'en prépare donc une autre, mais qui vise cette fois le management de Generali.

Au mois de mai dernier, alors qu'il réunissait les investisseurs étrangers dans le cadre de Choose France, Emmanuel Macron – qui avait conseillé la Société Générale avec François Henrot, lorsqu'il était banquier chez Rothschild – avait laissé entendre qu'une OPA sur la Société Générale était possible. C'est-à-dire que les pouvoirs publics n'y feraient pas obstacle. Le message a été bien reçu par les investisseurs qui ont commencé à s'intéresser de nouveau à ce titre. Si bien que l'action de la banque a gagné 20 % depuis cette déclaration et se retrouve à son plus haut niveau depuis trois ans.

Après les mandats de Frédéric Oudéa, marqués par une absence pathétique en matière de vision stratégique, celui de son successeur, Slawomir Krupa, est placé sous le signe des cessions, des restructurations, des réductions d'effectifs et des économies. Une approche purement défensive qui correspond à l'humeur des dirigeants au sommet des tours jumelles de La Défense, où l'on surveille en permanence l'évolution du cours et le gonflement incongru des volumes de transaction.

Au Forum économique mondial, à Davos, les rumeurs d'une éventuelle opération de Santander sur la Société Générale étaient sur les bouches de nombreux financiers. Il faut dire que la banque espagnole pèse trois fois plus que celle au logo rouge et noir. On en saura peut-être plus jeudi prochain, après la publication des comptes annuels de la banque française.

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