En Italie, le private equity ne connaît pas la crise… >
L'IPEM, grand-messe du private equity, a fait le plein de participants et de prédictions sur l'avenir du secteur, du 24 au 26 septembre dernier à Paris. Va-t-on vers une consolidation sur fonds de crise des levées de capitaux ? Mais trois jours plus tard, à Milan, l'humeur était au beau fixe. Au siège du premier groupe bancaire italien, Intesa Sanpaolo, (419 milliards d'euros d'engagements), tous les voyants sont au vert. Les dirigeants du groupe réunissaient la presse pour dresser le bilan du premier semestre 2025. Le pôle Gestion d'actifs d'Intesa Sanpaolo revendique une part de marché de 20,8 % en Italie. Il est piloté par sa filiale Eurizon (397 milliards d'euros d'actifs sous gestion).
Pour Silvana Chilelli, aux commandes d'Eurizon Capital Real Asset (Ecra), les moteurs du marché italien du capital-investissement tiennent à un « tissu important et structurel de PME familiales qui attirent un flux continu d'investisseurs » dans de multiples secteurs d'activité. Autres facteurs clés : « Le Plan national de relance et résilience (NRRP de Mario Draghi) et les fonds Next Generation EU qui favorisent les investissements en infrastructures et innovation. » Résultat : l'an dernier, le marché italien du non-coté a enregistré quelque 730 transactions portant sur près de 500 entreprises pour une valeur globale de 14,9 milliards d'euros. La valeur des deals était en hausse, tout comme celle des sorties (+59 %, à hauteur d'environ 5,7 milliards).
Cette dynamique est également portée par la « démocratisation » du marché des actifs privés, ciblant les épargnants disposant d'une certaine surface financière, à travers une batterie de produits. Un mouvement qu'Ecra accompagne à travers une plateforme dont la collecte est passée de 3,5 milliards d'euros en 2019 à 11,2 milliards en 2025.