… que des professionnels du bitcoin veulent empêcher >
Cette cession très ordinaire et légitime de la part d'un fonds de venture capital comme EDF Pulse est devenue en quelques jours une affaire politique, après que deux députés, le MoDem Philippe Latombe et l'UDR Éric Ciotti ont interpellé dans l'Hémicycle le gouvernement, évoquant un scandale semblable à celui qu'aurait été la vente d'une partie d'Alstom à General Electric. Même le très libéral David Lisnard a mis de côté ses convictions pour s'opposer à cette cession.
Il est curieux qu'au moment où beaucoup de nos responsables se désolent de voir des industriels européens investir aux États-Unis pour répondre à l'appel de Donald Trump, personne ne se réjouisse de voir une entreprise américaine, grosse consommatrice d'électricité, venir prendre pied en France et devenir ainsi un client d'EDF.
Cette agitation politique à laquelle n'a pas donné suite – heureusement – le Premier ministre est entretenue par des professionnels du bitcoin qui craignent de voir Mara venir faire du minage de bitcoins avec de l'électricité française dans l'Hexagone. C'est oublier que ni EDF ni une société qui lui est liée ne sont autorisées à pratiquer cette activité. Dans ces débats un peu fous il est mis en avant la notion de souveraineté alors qu'Exaion représente moins de 0,1 % des capacités de calcul en France. Et certains sont même allés jusqu'à invoquer la sécurité des données alors qu'Exaion n'héberge aucune donnée sensible et n'a jamais travaillé sur le secteur de la santé et de la recherche. L'irrationalité et la passion sont telles sur ce dossier qu'une mystérieuse contre-offre est apparue il y a quelques jours sur le réseau social LinkedIn émise par un consortium dénommé FlexGrid à laquelle il ne peut être donné suite compte tenu du caractère exclusif des discussions entre EDF et Mara. Il est temps que les électrons se calment et amènent les responsables politiques à cesser de faire de la démagogie sur le dos de la souveraineté.