EDF étudierait la cotation d'Edison sur une base de 10 milliards d'euros et la cession d'une partie de ses actifs dans les énergies renouvelables aux US >
Comme nous l'avions évoqué dans ces colonnes, Bernard Fontana, le patron d'EDF, entend valoriser son principal actif italien. L'électricien français vient donc de mandater Intesa Sanpaolo et Lazard afin d'examiner les options stratégiques concernant la précieuse filiale italienne Edison. Parmi les pistes envisagées par les dirigeants d'EDF, il y a une introduction en Bourse, l'arrivée d'un investisseur financier ou la cession d'une participation dans Edison à un autre énergéticien. Daniel Kretínský et son groupe tchèque EPH n'ont jamais caché leur intérêt pour l'Italie de manière générale et pour Edison en particulier.
Chez Edison on se prépare également. L'administrateur délégué du groupe, Nicola Monti, a demandé à ses équipes de tout préparer pour une éventuelle cotation en Bourse. Du côté d'EDF, et sous réserve des travaux, qui seront menés par ses banquiers, on estime la valeur d'Edison à près de 10 milliards d'euros. Les pouvoirs publics italiens suivent ce dossier avec la plus grande attention, heureux de voir revenir à la Bourse de Milan l'énergéticien italien. Mais les introductions en Bourse ne sont pas faciles par les temps qui courent. Des contacts ont donc été établis avec de grandes institutions financières de la péninsule afin de savoir si elles seraient prêtes à acquérir des tickets pour faciliter une cotation. Avec une valorisation de l'ordre de 10 milliards d'euros, Edison se placerait parmi les acteurs majeurs du secteur énergétique à la Bourse de Milan, juste derrière Enel, Eni et Snam, consolidant ainsi son rôle dans le paysage énergétique italien. Quant à EDF, il profiterait des liquidités liées à une telle opération pour retrouver des marges de manœuvre afin d'investir dans les nouveaux réacteurs nucléaires.
Le groupe EDF a également mandaté Nomura Greentech afin d'étudier la possibilité de vendre une participation dans sa filiale américaine d'énergies renouvelables basée en Californie. L'opération en préparation concerne la vente d'une participation d'environ 50 % dans ses activités d'énergie renouvelable en Amérique du Nord, ce qui pourrait rapporter environ 2 milliards d'euros.
EDF Power Solutions, qui regroupe les activités du groupe dans les énergies renouvelables et à l'international, envisage d'augmenter le capital de certaines entités, notamment en Amérique du Nord et au Brésil, afin de soutenir la croissance de son portefeuille de projets. L'électricien français dispose de près de 4,9 gigawatts de capacité renouvelable installée aux États-Unis grâce à des projets solaires, éoliens et de stockage par batteries répartis sur l'ensemble du territoire. En février dernier, une provision pour dépréciation de 934 millions d'euros a été passée concernant le projet éolien offshore américain Atlantic Shores, développé en partenariat avec Shell Plc. L'autorisation de ce projet a été retirée par les autorités américaines en mars.
L'électricien français possède des portefeuilles de projets de plus petite envergure au Brésil, au Canada, au Chili et au Mexique. Il est également présent dans le secteur des énergies renouvelables en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie.
EDF Power Solutions a été créé en mai par la fusion d'EDF Renewables North America et d'EDF International Division Americas. L'entreprise est présente aux États-Unis, au Canada et au Mexique, avec un portefeuille de projets développés totalisant 23 gigawatts et 16 gigawatts sous contrat de service. Avant sa nomination à la tête d'EDF, Bernard Fontana avait indiqué aux parlementaires qu'il souhaitait donner la priorité aux projets nucléaires nationaux.