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Business / Télécoms / 25/05/2026

Xavier Niel sort du capital de l’opérateur belge Proximus par la petite porte

Le fondateur de Free avait espéré convaincre le gouvernement belge qu’on lui permette de redresser l’opérateur Proximus. Devant le refus de Bruxelles il vend ses titres pour 145 millions d’euros.

Xavier Niel (photo Joël Saget/AFP).
  • Ce qu’il faut savoir. La société luxembourgeoise Saxo holding, appartenant à une autre société luxembourgeoise – Siska Holding, elle-même créée par la société OCH AT holding, toujours domiciliée à Luxembourg, elle-même créée il y a plus de dix ans à l’initiative de NJJ Suisse Acquisition -, a cédé la part de 6,61 % qu’elle détenait au capital de l’opérateur belge Proximus. Cette cession a rapporté environ 145 millions d’euros à ces différentes holdings détenues indirectement par Xavier Niel, le fondateur de Free.
  • Pourquoi c’est important. Comme on pouvait s’y attendre, cette vente de titres Proximus montre que Xavier Niel a tiré la conclusion qu’aucun accord – même de simple coopération – n’était pas possible avec le premier opérateur belge de télécoms. Il y a un an environ le tycoon français avait fait passer le message qu’il était prêt à apporter son aide pour redresser Proximus. Le projet qu’il avait exposé à différents intermédiaires proches de l’exécutif bruxellois, était qu’il n’entendait pas devenir actionnaire majoritaire de l’entreprise, (contrôlée par la holding étatique SFPIM), mais qu’il proposait un pacte d’actionnaires. Il avait juste deux exigences. D’une part : la possibilité de pouvoir choisir le Directeur Général, laissant à l’État le soin de proposer le nom du Président. D’autre part que la société s’engage à redistribuer 85 % de son bénéfice sous forme de dividendes.
    Ce schéma, très proche de celui qui a permis au luxembourgeois Millicom de connaître une véritable renaissance et maintenant une forte croissance, a été éventé alors qu’il devait rester secret, compte tenu de la complexité du climat politique chez notre voisin. Puis il a été purement et simplement retoqué. Ce qui a donc amené Xavier Niel à en tirer les conséquences et à vendre sa participation. À noter que l’an passé, le bénéfice net part du groupe et pro forma de Proximus a reculé de 14,6 %. Mais les actionnaires se sont vus attribuer un dividende de 0,60 euro par action.
  • Entre les lignes. Le groupe de Xavier Niel n’a pas un besoin de cash immédiat, car il y a encore loin de la coupe aux lèvres sur le dossier SFR. De surcroît les sommes en jeu dans cette affaire n’ont rien à voir avec les 145 millions issus de la vente des titres Proximus. Mais Xavier Niel, comme beaucoup d’autres ont tiré les leçons d’un récent Capital Market Day, qui a amené la nouvelle direction de Proximus à réduire de manière importante ses objectifs pour 2026, mais aussi ses prévisions d’Ebitda pour cette année et 2027. Ce qui a conduit les analystes financiers d’Oddo à réduire leur objectif de cours de 7 à 6,50 euros.
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