Le rôle historique du dollar dans l'emprunt américain >
Le dollar confère aux États-Unis une capacité d'endettement sans équivalent au monde. Ce privilège monétaire, que Valéry Giscard d'Estaing qualifiait d'« exorbitant », repose sur le statut de devise de réserve internationale du billet vert. Les banques centrales mondiales détiennent environ 60 % de leurs réserves en dollars, créant une demande constante pour les obligations du Trésor américain. Cette position permet à Washington d'emprunter à des conditions avantageuses, même avec une dette publique dépassant 120 % du PIB. Plus les acteurs économiques recherchent des actifs sûrs et liquides, plus ils se tournent vers les bons du Trésor américain. Ce mécanisme s'autoalimente naturellement. Les échanges commerciaux internationaux étant majoritairement libellés en dollars, les pays exportateurs accumulent des réserves en devise américaine qu'ils placent en bons du trésor. La Chine, malgré ses tensions avec Washington, détient encore plus de 800 milliards de dollars de dette américaine. Elle continue ainsi à financer son rival stratégique. Ce privilège est renforcé en période de crise. Lorsque les risques augmentent, les actifs américains représentent une valeur sûre. Cette dynamique permet à la Réserve fédérale d'intervenir massivement sur les marchés sans craindre une fuite des capitaux.