Johannes Huth s'attaque sans tabou au portefeuille coté du groupe GBL >
Recruté au printemps dernier comme nouveau directeur général du Groupe Bruxelles-Lambert (GBL), à la place de Ian Gallienne, Johannes Huth qui a œuvré pendant 25 ans chez KKR où il a été associé et patron des Opérations en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique ne perd pas de temps dans la révolution copernicienne qu'il entend faire vivre à ce conglomérat bâti par Albert Frère avec l'aide de la famille Desmarais. Doté d'une fortune de plusieurs centaines de millions d'euros liée à ses « carried interests » passés, Johannes Huth a immédiatement acquis pour 50 millions d'euros d'actions GBL et ne se satisfait pas de voir le cours baisser et la décote par rapport à l'actif net réévalué se creuser. En six mois de présence, il a entamé la cession de Sienna (gestion d'actifs pour compte de tiers) et d'une grosse partie des actifs de GBL Capital. Et voyant l'action d'Umicore afficher une hausse de plus de 70 % depuis le début de l'année, il s'apprêterait à mandater Goldman Sachs afin de vendre une vingtaine de millions d'actions de cette entreprise de recyclage de métaux non ferreux. Ce qui représenterait un apport de cash de 300 millions d'euros. GBL détient 16,4 % de ce groupe aux côtés de l'État belge (SFPI) qui est actionnaire à hauteur de 5 % et du Fonds norvégien.
Dans une interview au quotidien L'Écho, Johannes Huth, n'a pas caché son intention de vendre la plupart des actifs cotés de GBL (afin de supprimer l'effet de décote) et de se concentrer sur des actifs privés susceptibles de créer de la valeur à moyen terme. Cela signifie que la participation au capital de SGS pourrait être cédée assez vite. Idem pour Pernod Ricard lorsque le cours du groupe de spiritueux aura retrouvé un peu de hauteur. En attendant, il a marginalisé Frédéric Oudéa, l'ancien directeur général de la Société Générale et actuel président non exécutif de Sanofi, qui supervisait justement GBL capital et qui est administrateur d'Umicore.