Daniel Kretinsky a encaissé 370 millions d’euros de ses centrales britanniques >
Le milliardaire tchèque, qui a besoin de cash pour financer son OPA sur Fnac-Darty, vient d’encaisser 370 millions d’euros de dividendes versés par ses centrales électriques en Grande-Bretagne.
- Ce qu’il faut retenir. D’ici quelques semaines Daniel Křetínský, actionnaire majoritaire du conglomérat EPH, va céder 50 % de ses parts dans un portefeuille d’actifs énergétiques européens, principalement des centrales électriques à gaz, mais aussi à biomasse et des systèmes de stockage par batteries, situés en Italie, au Royaume-Uni, en Irlande, aux Pays-Bas et en France. Mais avant de faire cette opération il s’est fait verser par les centrales britanniques qu’il détient un dividende de 320 millions d’euros. Soit un montant six fois plus important que ce qu’il avait encaissé l’année précédente. Ce versement de cash fait un peu tousser outre-Manche, où beaucoup de britanniques n’ont toujours pas digéré qu’il mette la main sur la Royal Mail (la poste britannique) et ses fameuses boites aux lettres rouges.
- Pourquoi c’est important. Parce que le marché de l’électricité britannique connait une évolution très spécifique. EP UK, la filiale locale du magnat tchèque possède des centrales électriques au gaz et à biomasse et agit également comme négociant en énergie. Un élément clé de son système est le mécanisme de compensation de la production d'énergie renouvelable. Lorsque le réseau est saturé et incapable d'absorber l'électricité produite par les parcs éoliens, les grandes pales doivent être stoppées et leurs exploitants sont indemnisés pour l'énergie non produite. Parallèlement, d'autres sources d'énergie, généralement des centrales au gaz, sont rémunérées pour fournir l'électricité nécessaire. Or en 2024, le groupe de Daniel Křetínský a engrangé 92 millions de livres sterling, non pas grâce à la vente d’électricité, mais par ce système de compensation, et donc grâce à des deniers publics.
- En coulisses. A l’occasion de ces révélations les citoyens du Royaume-Uni ont découvert que la capacité de production d’électricité était bien plus importante qu’ils ne le pensaient. Les données publiées montrent notamment que la quantité d'énergie éolienne gaspillée pourrait couvrir la consommation annuelle de tous les foyers londoniens. La filiale britannique de Daniel Křetínský a tellement de cash qu’elle a pu octroyer à son actionnaire un prêt de 311 millions d’euros. Tant qu’il reste actionnaire du club de football West Ham, ces petites cachotteries lui seront peut-être pardonnées outre-Manche.