Henri Giscard d'Estaing assigne le Club Med devant le conseil de prud’hommes >
Après son départ du Club Med cet été, l’ancien président assigne son ex-employeur, pointant l’absence de cause réelle et sérieuse à son licenciement.
- Ce qu'il faut savoir. Henri Giscard d'Estaing, a quitté le Club Med, dont il était le président depuis 2002, en juillet dernier sur fond de désaccord profond avec son actionnaire chinois, Fosun. Un départ qui ne s’est pas fait dans de bonnes conditions ce qui, selon nos informations, l’a décidé à assigner son ancien employeur devant le conseil de prud’hommes de Paris, conseillé par l’avocate Julia Minkowski, du cabinet Minkowski & Partners.
- Ce qui s’est passé en coulisses. Depuis un an, Henri Giscard d'Estaing militait pour une cotation du Club Med à Paris, avec le maintien du centre de décision de l’entreprise en France. Estimant qu’il fallait préparer l’entreprise à ce nouveau départ, il avait même proposé à Fosun deux noms pour le choix d’un successeur, avec l’idée d’assurer une transition douce, dans la continuité de la politique menée depuis deux décennies. Henri Giscard d'Estaing pensait que son bilan à la tête de ce fleuron français du tourisme parlait pour lui : plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et une marge opérationnelle proche de 10 %, quadruplée depuis 2015 grâce à la montée en gamme de l’offre du Club et une croissance encore soutenue en 2025. Mais avant l’été, il a appris que Fosun avait fait une offre à l’un des deux candidats, Stéphane Maquaire, via une de ses entités, Club Med Holding. Henri Giscard d'Estaing a donc fait acter qu’il s’agissait d’une révocation de fait de son mandat social, estime son conseil, qui pointe un manque de considération après la réussite de la transformation du Club Med.
- Sa demande devant le conseil de prud’hommes. La révocation de son mandat social a "réactivé" de ce fait son contrat de travail, signé en 1997 lorsqu’il était entré comme membre du Directoire du Club Med et qui était en sommeil depuis qu’il avait pris la présidence de l’entreprise. Fosun a procédé à son licenciement au cœur de l’été, après un entretien avec Stéphane Maquaire, le nouveau président, organisé dans un bureau anonyme, hors du siège social du Club Med. Mais Henri Giscard d'Estaing et son conseil estiment que ce licenciement est non seulement "sans cause réelle et sérieuse", mais effectué de manière brutale et vexatoire, et demandent donc le versement des indemnités classiques dans ce type de situation, soit au total un mois de salaire par année d’ancienneté. Ils demandent également le versement de la part variable de sa rémunération pour l’exercice record de 2025, au prorata temporis.
- La suite. Une première séance de conciliation est prévue mi mars, si elle n’aboutit pas, l’audience pourrait avoir lieu à l’automne 2026.