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Pouvoirs / Assemblée nationale / 13/04/2026

1er mai travaillé : la proposition rejetée… pour être adoptée

La proposition de loi visant à autoriser le travail le 1er mai a été "sabordée" par ses promoteurs, pour contourner le débat sur les amendements et tenter de la faire adopter dès cette année.

Thibault Bazin discutant avec le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, le 10 avril, en marge du débat sur la proposition de loi autorisant le travail des salariés volontaires le 1er mai dans certains secteurs d'activité (Photo Ludovic Marin/AFP).
  • Ce qu’on sait. Mise à l’ordre du jour de l’Assemblée ce 10 avril par le groupe Ensemble pour la République que préside Gabriel Attal, la proposition de loi sénatoriale, déjà adoptée par le Sénat et rapportée par Thibault Bazin (DR, Meurthe-et-Moselle), qui vise à autoriser les salariés volontaires des boulangeries, vendeurs de produits alimentaires au détail et des fleuristes à travailler le 1er mai a été… rejetée.
  • Ce qu’il faut comprendre. En fait, justifié par les nombreux amendements déposés par la gauche, preuve à ses yeux d’une volonté d’obstruction, ce rejet du texte à l’initiative du groupe macroniste, adopté par 120 voix (19 RN, 1 UDR, 66 EPR, 22 DR, 8 Horizons, 2 LIOT) contre 105 (46 LFI, 25 PS, 24 Écolo., 6 GDR, 4 Modem), permet d’accélérer son adoption, si possible pour qu’il soit appliqué dès le 1er mai de cette année.
  • Et ensuite ? Déjà adoptée par le Sénat, la proposition sera donc examinée par une commission mixte paritaire (CMP), dès ce 14 avril. Si celle-ci est conclusive, l’Assemblée et le Sénat pourraient voter avant que les travaux du Parlement soient suspendus pour une semaine, ce vendredi.
  • Entre les lignes. Déjà utilisé lors de l’adoption controversée de la loi Duplomb, ce recours par la "minorité gouvernementale" au vote d’une motion de rejet préalable d’un texte qu’elle soutient, afin qu’il soit examiné plus vite par une CMP où l’apport des sénateurs lui assure un vote plus confortable, a été très critiqué par les groupes de gauche. Le débat a, de fait, été escamoté : aucun des amendements n’a pu être discuté. À la sortie de l’hémicycle, Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et Social à l’Assemblée a annoncé qu’en cas d’adoption du texte, elle saisira le Conseil constitutionnel de cet "usage répété d’un contournement du débat démocratique". Et, vendredi après-midi, le groupe GDR (communistes et ultramarins) a écrit aux trois autres groupes de gauche pour leur proposer de déposer ce lundi une motion de censure. Tout en qualifiant d’"insupportable" l’obstruction des Insoumis, Marc Fesneau, président du groupe Modem qui soutenait ce texte, voulait en débattre et n’a pas voté la motion de rejet, a déploré "ce détournement du règlement qui ne grandit personne".
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