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Business / Luxe / 27/07/2026

LVMH verrouille ses bijoux : BMC tombe dans l’escarcelle de Chaumet

Entrée au capital en 2020, Chaumet ne devait absorber le joaillier piémontais BMC qu’en 2028. La maison a bouclé l’opération avec deux ans d’avance. Symbole d’une course du luxe à l’intégration.

Travail d'un joaillier dans l'atelier de BMC en Italie (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut retenir. Chaumet, la maison de la place Vendôme contrôlée par LVMH depuis 1999, a bouclé avec deux ans d’avance l’acquisition de 100 % du joaillier italien BMC. Entrée au capital en 2020, la griffe parisienne ne devait solder l’opération qu’à l’horizon 2028. Elle n’a pas attendu : la transaction a été finalisée il y a quelques semaines, dans la plus grande discrétion, au nom de la consolidation de la chaîne d’approvisionnement.
    BMC, c’est une success-story à l’italienne. Fondée en 2001 à Valenza, capitale piémontaise de l’orfèvrerie nichée dans la province d’Alexandrie, par Carlo Massavelli et Maurizio Bozza, l’entreprise est passée d’une poignée d’artisans à quelque 330 salariés, répartis sur deux sites de production : le siège de Valenza et l’usine de Sesto Calende, en Lombardie. Dopée par les commandes de la maison parisienne, la société a réalisé 65 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Et son stock pèse à lui seul près de 40 millions d’euros.
  • Pourquoi c’est important. Derrière cette emplette se joue une partie autrement plus vaste. La joaillerie demeure la catégorie la plus résiliente du luxe, celle qui tire les résultats quand la maroquinerie cale. Or les capacités de production y sont rares et les mains capables de sertir un diadème, plus rares encore. Racheter ses fournisseurs et ses sous-traitants, c’est verrouiller les volumes, les délais, la qualité et la traçabilité des métaux précieux. C’est aussi, accessoirement, fermer la porte aux appétits des concurrents. À la clé, enfin, des marges reconquises : chaque maillon absorbé est un maillon qui ne se partage plus. Kering l’a parfaitement compris : six mois avant Chaumet, le groupe désormais piloté par Luca de Meo a déboursé 115 millions d’euros pour 20 % du valencien Raselli Franco, avec l’ambition d’en détenir la totalité d’ici à 2032. La méthode n’est d’ailleurs pas neuve : Chanel a sanctuarisé ses métiers d’art, Hermès ses tanneries. Et LVMH connaît la partition par cœur : Bulgari exploite déjà à Valenza la plus grande manufacture de joaillerie du monde. Le district piémontais et ses ateliers sont devenus le coffre-fort industriel du luxe européen. Les Français en détiennent désormais les plus belles clés.
  • Entre les lignes. Il y a deux ans, Chaumet s’offrait la plus belle vitrine de son histoire en devenant la première maison de joaillerie à dessiner des médailles olympiques pour les Jeux de Paris 2024. Le joaillier qui sertissait jadis les diadèmes de l’impératrice Joséphine offrait alors au monde un concentré de savoir-faire tricolore. Deux ans plus tard, c’est au pied des Alpes que la maison fondée en 1780 est allée chercher les mains qui façonneront ses prochains trésors.
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