Les millions tranquilles du "présidentiable" Michel-Édouard Leclerc
Michel-Édouard Leclerc, s’est versé 7,4 millions d’euros de dividendes en trois ans après avoir vu ses honoraires augmenter, en contradiction avec son discours sur l’érosion du pouvoir d’achat.
- Ce qu’il faut savoir. Tout le monde connaît Michel-Édouard Leclerc, son habitude à se mettre en avant, sa promesse de "casser la gueule à l’inflation" avec l’indignation d’un tribun et sa facilité à donner des leçons aux grands patrons. Sa société personnelle, qui facture aux Centres Leclerc ses prestations en matière de communication, est une machine à cash qui transforme du bagout en espèces sonnantes et trébuchantes. Lors du dernier exercice MEL SDC a réalisé un chiffre d’affaires de 5 526 562 euros, en hausse régulière pour la troisième année consécutive. Quant au résultat net comptable il a atteint 2 463 858 euros, soit une marge nette de 44,6 %. La quasi-totalité de ce bénéfice a été distribuée à son actionnaire sous forme de dividendes. Soit 2 461 000 euros versés le 23 décembre 2025. De belles étrennes pour celui qui n’exclut toujours pas de se présenter comme candidat aux prochaines élections présidentielles. Sur les trois derniers exercices, les dividendes cumulés atteignent ainsi 7 447 000 euros. À ce rythme, le communicant le mieux rémunéré de la distribution perçoit davantage que nombre de patrons du CAC 40 qu’il s’emploie à vilipender dans les médias.
- Pourquoi c’est important. Tout le monde a le droit de facturer des honoraires en hausse régulière, d’afficher une marge conséquente ou encore de se rémunérer de manière confortable sous la forme de dividendes. Sauf lorsque l’on se pose en procureur de la rentabilité des grandes entreprises, en avocat des Français ayant des fins de mois difficiles ou en contempteur de dividendes jugés indécents, versés par les multinationales à leurs actionnaires. Michel-Édouard Leclerc a accusé les industriels de l’agroalimentaire de "profiter de l’inflation" pour gonfler leurs marges. Ses déclarations fracassantes - "je ne laisserai pas les industriels s’en tirer", "les Français méritent mieux" - coexistent sans gêne avec des dividendes annuels qui tutoient les 2,5 millions d’euros depuis une décennie.
- En coulisses. Ses revenus s’ajoutent à un patrimoine confortable. Puisqu’à la fin 2003, la marque "Édouard Leclerc" a été cédée à l’Association des centres distributeurs E. Leclerc pour une somme avoisinant 120 millions d’euros, partagée entre les trois enfants du fondateur. Michel-Édouard Leclerc a donc perçu à cette occasion environ 40 millions d’euros. Des chiffres qui n’empêchent pas leur bénéficiaire de continuer à se lever tôt le dimanche pour expliquer aux Français comment joindre les deux bouts. On appelle ça l’engagement citoyen…