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Business / Agro-alimentaire / 13/07/2026

Eaux troubles : pourquoi les géants du private equity fuient Nestlé Waters

Trois des quatre favoris ont jeté l’éponge. Seul Platinum Equity reste en lice pour reprendre 50 % de Nestlé Waters, valorisé 5 milliards. Un désamour qui en dit long sur la toxicité du dossier.

Les litiges en cours ou récents, notamment autour de Perrier, semblent avoir refroidi les investisseurs (photo Jason Jarrach/Unsplash).
  • Ce que l’on sait. Sur le papier, l’actif a tout pour séduire. Nestlé Waters, ce sont des marques mondiales - Perrier, San Pellegrino, Acqua Panna, Contrex, Vittel, Hépar - et une rentabilité solide. La filiale a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 3,5 milliards de francs suisses (3,8 milliards d’euros), en croissance organique de 5,3 %, portée à parts égales par les volumes et les prix. Sa marge opérationnelle courante atteint 9,1 %. De quoi attirer les plus gros chéquiers de la planète.
    Et pourtant. Nestlé, qui a annoncé fin 2024 son intention de séparer ses activités d’eau, avant d’opter pour une cession de 50 % du capital, réclame une valorisation d’environ 5 milliards d’euros. Un ticket d’entrée musclé, adossé à un financement par dette de 2 à 3 milliards d’euros préparé par les banques. Le patron de Nestlé, Philipp Navratil, aux commandes depuis septembre, vise une déconsolidation en 2027 et pourrait faire un point d’étape lors des résultats semestriels du 23 juillet.
    Mais derrière le vernis des marques de prestige, le dossier sent le soufre. La partie vosgienne - Vittel, Contrex, Hépar - est jugée "difficile à restructurer", avec un chiffre d’affaires en chute libre.
  • Pourquoi c’est important. L’histoire de ce deal n’est pas celle d’une vente qui s’organise, mais d’une course que les favoris désertent les uns après les autres. KKR s’est retiré il y a quelques semaines. Puis ce fut au tour de Clayton Dubilier & Rice - le repreneur du fabricant du Doliprane - de quitter la table sans déposer d’offre.
    Le départ le plus parlant reste celui de PAI Partners. Ce fonds faisait figure de favori naturel : le fonds français est un partenaire historique de Nestlé, avec qui il copilote la coentreprise de crèmes glacées Froneri (Extrême, Nuii, Frisco). Deux acteurs qui se connaissent, des actifs déjà partagés, une logique industrielle évidente… et pourtant, PAI n’a pas remis d’offre. Officiellement, le fonds n’a pas refermé le dossier et se réserve le droit de revenir si les négociations avec le dernier prétendant venaient à échouer. Mais le signal est cinglant. Il reste donc Platinum Equity, huitième acteur mondial du private equity.
  • Pourquoi cette débandade ? Deux explications dominent. Le prix d’abord. Mais surtout les litiges en cours. Nestlé Waters est jugé en France pour avoir utilisé pendant des années des systèmes de filtration illégaux. Mais le plus spectaculaire est ailleurs. Selon les enquêteurs de l’Office français de la biodiversité, les niveaux de contamination par microplastiques atteindraient jusqu’à 1,3 million de fois ceux de la Seine. Et si Platinum venait à reculer à son tour, Nestlé pourrait se retrouver seul, une bouteille à la mer entre les mains.
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