Legend lance la vente de la BIL et vise 2,5 milliards d’euros de valorisation
Legend Holdings, actionnaire de Lenovo, a mandaté Goldman Sachs pour céder ses 90 % de la BIL, valorisée 2,5 milliards de dollars ou plus. Premières offres attendues fin septembre.
Ce qu’il faut comprendre. Le groupe chinois Legend Holdings a engagé la cession de sa participation de 89,98 % dans la Banque Internationale à Luxembourg (BIL), une opération susceptible de valoriser la plus ancienne banque du Grand-Duché à 2,5 milliards d’euros ou davantage. Le conglomérat coté à Hong Kong, principal actionnaire de Lenovo, travaille avec Goldman Sachs. Les premières offres sont attendues d’ici fin septembre. Des institutions européennes et moyen-orientales ont manifesté un intérêt préliminaire, certaines pour une partie seulement des activités. Les discussions restent à un stade précoce et aucune transaction n’est garantie.
D’où cela vient ? Legend avait acquis sa participation en 2017 auprès de Precision Capital, véhicule appartenant à des membres de la famille régnante du Qatar, pour 1,48 milliard d’euros. Une cession au prix évoqué dégagerait une plus-value d’environ 770 millions d’euros. La valorisation représente environ 12 fois le bénéfice 2025. Les rumeurs de vente circulaient depuis mars 2025, avec une fourchette alors évoquée de 2,5 à 3 milliards d’euros.
Comment se porte la banque ? Fondée en 1856, la BIL opère dans la banque de détail, la banque d’entreprise, les services institutionnels et la gestion de fortune. Elle a publié un bénéfice net de 210 millions d’euros en 2025, en hausse de 24 %, pour des revenus stables de 708 millions. Au 30 juin, ses actifs sous gestion atteignaient 50,3 milliards d’euros. Son ratio CET1 s’établissait à 14,39 %.
Comment réagit le Grand-Duché ? Le ministre des Finances Gilles Roth, a déclaré que l’État n’avait "aucune intention" de vendre ses 10 %, qualifiant la BIL, qui emploie plus de 1 500 personnes, d’entreprise luxembourgeoise historique jouant un rôle clé dans le financement de l’économie. Il a également assuré que l’État luxembourgeois userait de son influence pour préserver l’emploi.
Un important retrait chinois. En 2017, le gouvernement avait déjà obtenu le maintien du siège au Luxembourg et l’absence de plan social pendant trois ans. L’État garantit encore environ 160 millions d’euros de dettes héritées de Dexia, ancien propriétaire de la banque. La cession s’inscrirait dans une série de retraits chinois de la finance européenne, après la sortie de Fosun d’Ageas en 2024 et celle de Geely de Saxo Bank, cédée à J. Safra Sarasin.