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Pouvoirs / Services secrets / 25/09/2023

Bernard Emié en position délicate

C'est devenu un secret de polichinelle. Le patron de la DGSE depuis plus de six ans – il est entré en fonction quelques jours après l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée – a eu le droit à quelques mots peu amènes de la part du chef de l'État sur la qualité des informations transmises par nos services secrets concernant la situation en Afrique. Aucun signal d'alerte n'a précédé le récent coup d'État au Niger. Comme cela avait déjà été le cas en mai 2021, lors du renversement du président malien. Et cela s'ajoute au déni de la DGSE, en janvier 2022, sur une probable agression de l'Ukraine par la Russie. Alors que la CIA et le MI 5 britannique n'ont pas cessé d'alerter les Occidentaux sur les velléités de guerre de Vladimir Poutine. À l'Élysée, on n'hésite pas à se plaindre de la piètre qualité des télégrammes fournis par la DGSE. Un problème que ne compensent pas les informations – trop strictement militaires – de la DRM, dirigée depuis un an par le général Jacques Langlade de Montgros. Il reste que, comme toujours, Emmanuel Macron a du mal à gérer les changements d'hommes à des postes clés. François Gouyette, qui a été ambassadeur à Alger, comme Bernard Emié – mais qui a deux ans de plus que lui –, active tous ses réseaux pour débarquer boulevard Mortier. Mais après deux diplomates de carrière (Bernard Bajolet était le prédécesseur de Bernard Emié), il serait aujourd'hui davantage question de nommer un officier général. Quant à l'actuel patron de la DGSE, qui a refusé l'ambassade de France à Washington, au printemps dernier, pour achever la réforme de l'institution qu'il dirige, il devra attendre encore un peu afin d'obtenir la dignité d'ambassadeur de France qui tarde à couronner sa carrière.

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