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Pouvoirs / Les scénarios du 8 juillet / 01/07/2024

Ce que mijote Emmanuel Macron

Quel que soit le résultat donné par les urnes hier soir, deux scénarios principaux se dessineront, au lendemain du 7 juillet. Soit le RN et ses alliés « LR-Ciottistes » ont la majorité absolue à l'Assemblée et plus de 289 députés, soit ils ne les ont pas. Dans le premier cas,Emmanuel Macrondevrait désignerJordan Bardella… ouMarine Le PenPremier ministre. Si l'une ou l'autre accepte, s'engagera une négociation serrée sur la composition du gouvernement. Surtout pour les postes dits du « domaine réservé » du Président. Un concept flou, car non écrit dans la Constitution, qui recouvre les ministères dits « régaliens » des Affaires étrangères, de la Défense, voire de l'Intérieur ou de la Justice. L'usage veut que le président de la République et le Premier ministre s'accordent sur leurs détenteurs. Ce qui avait été le cas pourHubert Védrine,Alain RichardetJean-Pierre Chevènement, respectivement ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de l'Intérieur sous la cohabitationChirac-Jospin, de 1997 à 2002. Mais vu les divergences pour le moins… criantes entre Emmanuel Macron et le RN sur les relations avec l'Europe, la Russie ou l'Otan, il n'est pas (du tout) assuré que les intéressés veuillent et parviennent à s'entendre. Même si le RN n'atteint pas la majorité absolue, ses 88 députés, au vu des sondages, reviendront bien plus nombreux dans l'hémicycle. « Présent dans 120 “circos” en 2017, le RN avait vu 8 députés élus, soit un taux de succès au 2etour de 7 % », rappelleErwan Lestrohan, directeur conseil chez Odoxa. « Présent dans 208 scrutins en 2022, il avait obtenu 89 députés au 2etour, soit un taux de… 43 %. » Il est probable que ce soit aussi le cas des députés « de gauche », avec ou sans « label » Nouveau Front populaire.

Dans le second cas, donc d'une absence de majorité, l'Élysée a beaucoup phosphoré ces derniers jours sur l'hypothèse d'un gouvernement de techniciens avec Michel Barnier, Jean-François Copé, Jean-Pierre Raffarin et même Jean Tirole. Un scénario contre-intuitif avec le rejet de ces mêmes technos exprimé par le scrutin du 9 juin.

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