Le chef d'état-major des armées pointe du doigt le rôle obscur de la Turquie en Afrique >
Le général d'armée Thierry Burkhard a été auditionné le 25 septembre dernier par la commission de la Défense nationale et des Forces armées de l'Assemblée nationale, que préside l'ancien commando marine Jean-Michel Jacques. Comme toujours, cette audition s'était tenue à huis clos. Mais le script – relu et corrigé – a été publié il y a quelques jours. Avec, dans le propos introductif du chef d'état-major des armées, un long dégagement sur notre dispositif militaire en Afrique, qui est en pleine réorganisation grâce à la création d'un commandement ad hoc pour cette zone d'intervention. Le général Burkhard en a aussi profité pour rappeler que plusieurs enjeux majeurs relevaient de l'Afrique : la lutte contre le terrorisme, la lutte contre les flux migratoires, la protection de l'environnement et « la nécessité de contrer l'influence de nos compétiteurs stratégiques – la Chine, la Russie, la Turquie, l'Iran – qui ont compris que l'Afrique est un continent “à prendre”, et plein de ressources ». Jusqu'à présent, dans ses interventions – que nous suivons de près – le chef d'état-major des armées évoquait le rôle funeste de la Chine, de la Russie et de l'Iran. C'est la première fois qu'il pointe aussi du doigt la Turquie. Et cela n'est pas anodin. Puisque ce pays, désigné comme « un compétiteur », voisine avec la France au sein de l'Alliance atlantique. Déjà, au début de l'été, les autorités françaises avaient ciblé Ankara, parmi les auteurs de manœuvres de déstabilisation en Nouvelle-Calédonie. De là à y voir les prémisses d'un changement de posture stratégique à l'égard de la Turquie, il n'y a pas loin.