Louvre : pourquoi Emmanuel Macron a choisi Christophe Leribault >
Pour succéder à Laurence des Cars à la tête du Louvre, Emmanuel Macron a retenu Christophe Leribault, jusqu’ici président du Château de Versailles.
Ce n’est pas un pari, mais un profil de sécurité. Le choix de Christophe Leribault, jusqu’ici président du Château de Versailles, pour succéder à Laurence des Cars à la tête du Louvre, a été mûri par Emmanuel Macron depuis plusieurs semaines. Le tout dans un contexte de crise institutionnelle aggravée par le vol des joyaux de la Couronne et par des tensions sociales persistantes au sein du musée. Le signal est clair : pas de polémique inutile, le chef de l’État privilégie un professionnel du sérail, qui connaît les rouages administratifs et budgétaires des grandes institutions.
À 63 ans, ce conservateur général du patrimoine, passé par le Petit Palais puis le Musée d’Orsay, présente un avantage décisif : il connaît les grandes maisons, leurs équilibres internes et leurs fragilités budgétaires. Appelé en 2024 à la tête du Château de Versailles pour succéder à Catherine Pégard, il avait déjà été choisi pour diriger l’un des établissements culturels les plus exposés du pays.
Le chantier “Louvre – Nouvelle Renaissance”, estimé autour d’un milliard d’euros, nécessite un pilotage technique autant qu’une capacité à renouer le dialogue avec les équipes. Autre élément qui a pesé : Christophe Leribault connaît le Louvre pour y avoir exercé au département des arts graphiques, où il avait été nommé en 2006 par Henri Loyrette. Il appartient à cette génération issue de l’Institut national du patrimoine qui compte aujourd’hui Laurent Le Bon, Sophie Makariou ou encore Emma Lavigne. Un réseau qui structure encore largement le paysage muséal français.
À l’Élysée, on estime qu’il ne lui faudra pas de période d’atterrissage. Reste désormais à organiser sa succession à Versailles, autre institution stratégique du dispositif culturel présidentiel.