Les hypothèses corrigées et la "LPM bis" en commission >
Le Parlement a suspendu ses travaux ce 17 avril en raison des vacances de Pâques et les reprendra le 27. Toutefois, la préparation du budget pour 2027 est lancée.
- Dans l’agenda. Les présidents des commissions des finances de l’Assemblée et du Sénat Éric Coquerel (LFI) et Claude Raynal (PS) et leurs rapporteurs généraux, Philippe Juvin (LR) et Jean-François Husson (LR), participent ce mardi 21 avril au comité d’alerte des finances publiques, réuni par les ministres de l’Économie et des Comptes Publics Roland Lescure et David Amiel, à Bercy.
- Ce qui est attendu. Le gouvernement doit transmettre à la commission européenne, dans les jours qui viennent, la trajectoire budgétaire des années à venir, et la cible de déficit pour 2027. Sachant que tous les spécialistes des finances publiques à l’Assemblée conviennent qu’un projet de loi de finances rectificative sera probablement, quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, présenté et adopté en juin 2027. "Le budget de l’an prochain doit être un budget de vérité", a tout de même insisté à plusieurs reprises Philippe Juvin, ce 15 avril, devant la presse parlementaire. Convaincu que le retour à l’équilibre des comptes publics passe par des évolutions sur les retraites, le rapporteur du Budget a aussi annoncé qu’il engageait des auditions en vue de proposer "un provisionnement automatique des retraites de tous les nouveaux fonctionnaires", dans "un fonds qui permettrait aussi d’irriguer l’économie".
- Côté LPM. La commission de la défense de l’Assemblée que préside Jean-Michel Jacques (EPR, Morbihan) entame ce 21 avril l’examen du projet de loi d’actualisation de la programmation militaire pour 2024-2030, co-rapporté par Yannick Chenevard (EPR, Var) et Jean-Louis Thiériot (LR, Seine-et-Marne), dont le débat en séance démarrera le 4 mai. Afin d’accélérer le réarmement de la France justifié par la conjoncture internationale, cette "LPM bis" vise à augmenter les ressources de 36 milliards d’euros sur 2026-2030, dont 10 milliards d’ici 2027.
- En coulisses. "Je déplore qu’une fois de plus, on finance cette hausse par la dette", se désolait en début de semaine dernière un membre de la commission des finances. Au contraire, "On n’a pas de capacités à emprunter, d’autant que les taux d’intérêt remontent. Et augmenter les impôts n’est pas la solution", affirmait mercredi Philippe Juvin. "Pourtant, la massification de l’armée est une donnée indispensable. Je ne vois pas comment faire autre chose que de réduire les dépenses ailleurs", assure le rapporteur général du Budget.