Le "deal" qui a ouvert la voie à François-Noël Buffet pour devenir Défenseur des droits
L’Élysée et la droite sénatoriale ont conclu un accord tacite : le soutien à Emmanuel Moulin pour accéder à la Banque de France en échange du poste de Défenseur des droits pour François-Noël Buffet.
- Ce qu’il faut savoir. Emmanuel Macron envisage de nommer le sénateur LR François-Noël Buffet Défenseur des droits, en remplacement de Claire Hédon, dont le mandat arrive à échéance. Les commissions des Lois de l’Assemblée nationale et du Sénat doivent désormais se prononcer sur cette proposition, conformément à la procédure prévue par l’article 13 de la Constitution.
- Pourquoi c’est important. Cette nomination ne peut être dissociée de celle d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France. Selon plusieurs sources, l’Élysée et les responsables de la droite sénatoriale ont bâti un accord tacite permettant de sécuriser les deux dossiers : le soutien de la majorité sénatoriale à Emmanuel Moulin s’accompagnait de la désignation de François-Noël Buffet pour succéder à Claire Hédon.
Chacun y trouve son intérêt : Emmanuel Macron a sécurisé l’arrivée d’Emmanuel Moulin à la Banque de France, l’une des nominations les plus stratégiques de la fin de son quinquennat. La droite sénatoriale obtient, elle, qu’un de ses membres prenne la tête d’une autorité constitutionnelle indépendante. - En coulisses. Le communiqué officiel de l’Élysée proposant la nomination de François-Noël Buffet a été diffusé dans la soirée du mardi 7 juillet, une journée dont chacun savait qu’elle serait largement dominée par la décision de la Cour d’appel de Paris sur l’inéligibilité de Marine Le Pen dans le dossier des assistants parlementaires européens. En coulisses, les premiers échanges remontaient pourtant à plusieurs semaines, dès l’instant où la question de la succession de François Villeroy de Galhau à la Banque de France s’est engagée. À l’Élysée, le souvenir de la nomination de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, validée à une voix près en février 2025, a profondément marqué les esprits. Cette fois, il n’était pas question d’aborder les auditions parlementaires sans avoir préalablement testé les rapports de force.
- Ce que cela révèle. Les nominations deviennent des objets de négociation entre l’exécutif et les forces parlementaires susceptibles de faire basculer les votes. La séquence Emmanuel Moulin-François-Noël Buffet illustre cette nouvelle pratique : avant même les auditions publiques, les équilibres politiques se construisent en coulisses.