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Business / Automobile / 07/09/2026

Pourquoi Renault se trouve sous le feu des vendeurs à découvert

Près de 7 % du capital de Renault est vendu à découvert, trois fois plus qu’il y a un an. Marshall Wace, Citadel ou D.E. Shaw parient contre un titre qui se paie moins de cinq fois ses bénéfices.

François Provost lors de la présentation du plan stratégique FutuREady de Renault, en mars 2026 (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut retenir. Au 25 août, sept fonds déclaraient à l’AMF une position courte nette d’au moins 0,5 % du capital de Renault, soit au total 6,84 % des titres. Ces 20 millions d’actions, pèsent plus de 550 millions d’euros et, représentent 11 % des titres réellement disponibles. Un an plus tôt, ce ratio plafonnait à 2,2 % ; il a franchi 4 % en février, puis frôlé 8 % fin juillet. Marshall Wace, le géant londonien, mène la charge avec 2,01 %. Citadel cumule 2,13 % via deux entités, Kintbury Capital 0,84 %, D.E. Shaw 0,60 %. BlackRock, dont les fonds indiciels sont pourtant actionnaires du Losange, pèse lui-même 1,26 %. Et il ne s’agit pas là de la couverture d’un aventureux pari haussier sur Stellantis. Puisqu’au 25 août, Stellantis affichait lui aussi 6,07 % de capital à découvert, contre 0,5 % un an plus tôt, avec les mêmes signatures : Marshall Wace (1,33 %), Kintbury (0,80 %), Citadel (0,60 %). Il s’agit donc d’un pari contre l’automobile européenne face à l’offensive chinoise, porté par des maisons spécialisées dans la gestion quantitative.
  • Pourquoi c’est important. Renault a livré fin juillet des comptes semestriels supérieurs aux attentes avec un Ebit de 7 % au-dessus du consensus, une marge opérationnelle de 5,2 % contre 5 % espérés, un free cash-flow de 653 millions d’euros contre 220 attendus. Les objectifs 2026 - marge d’environ 5,5 %, FCF proche d’un milliard - sont confirmés, et 20 points de base suffisent au second semestre, contre 50 habituellement. Les analystes d’Oddo BHF y voient un groupe désormais capable de tenir ses marges et son cash "sans dépendre excessivement de la croissance des volumes". Le consensus FactSet reste à "renforcer", avec une cible moyenne de 38 euros. C’est-à-dire 40 % au-dessus du cours de Bourse.
    Mais la fronde grossit : Barclays est passé à "neutre" le 21 août, jugeant "très importante" l’ampleur des économies à mener, tout en lui préférant Volkswagen, dont le patron juge pourtant la situation "plus que critique". UBS recommande de "vendre" et a ramené sa cible à 26 euros le 24 août, redoutant une marge sous les 4 % dès 2027. À moins de cinq fois les bénéfices et 8 % de rendement, Renault exécute bien, résume Citi, "mais personne ne regarde".
  • Entre les lignes. Antonio Filosa a pris les commandes de Stellantis le 23 juin 2025 ; François Provost celles de Renault cinq semaines plus tard, après le départ de Luca de Meo pour Kering. Chacun a dévoilé sa feuille de route à quelques semaines d’écart. Le verdict boursier est sans appel : sur un an, Renault ne cède que 17 %, alors que Stellantis s’effondre de 46 %. Les vendeurs à découvert n’en ont cure : ils "shortent" le bon élève au même tarif que le cancre.
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