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Business / Défense / 22/06/2026

KNDS vise une cotation en bourse au plus tard mi-juillet

Lazard travaille activement à une cotation rapide de KNDS (groupe franco-allemand fabricant des blindés) tandis que Perella Weinberg planche sur la recomposition du capital

KDNS est, notamment, le constructeur du char Leclerc XLR (photo KNDS Group).

Ce qu’il faut savoir. Selon les informations de La Lettre de L’Expansion, l’introduction en bourse de KNDS - né de la fusion en 2015 entre le français Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) - est prévu pour les tous prochains jours. Elle aurait lieu avant que se ferme la traditionnelle fenêtre de tir pour de telles opérations, c’est-à-dire au plus tard à la mi-juillet. 
A l’occasion de cette opération boursière sur laquelle travaille la banque Lazard Frères (et notamment l’associé-gérant Charles-Henry Gaultier) la France qui détient 50 % du capital devrait céder le cinquième de sa participation, soit 10 % des titres pour un montant de 1,5 à 2 milliards d’euros. Les familles Bode-Wegmann, propriétaires historiques de KMW, qui souhaitent se désengager, devraient également céder 10 % du capital. Par ailleurs simultanément à cette opération l’Etat allemand, par l'intermédiaire de la banque publique de développement KfW, a confirmé le 21 mai dernier sa volonté d’acquérir une participation de 40 %, pour un investissement estimé aux alentours de 6 à 8 milliards d'euros. 

Pourquoi c’est important. Ce qui se joue à Paris et à Francfort dépasse de loin la mécanique financière. C'est la première fois qu'un champion européen de l'armement terrestre, codétenu par deux États entre en bourse. L'événement est à la fois industriel, politique et symbolique. 
Industriel, d'abord, par sa taille. Avec une valorisation cible située dans une fourchette de 18 à 20 milliards d'euros KNDS signerait la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée dans la défense terrestre en Europe, et l'une des plus grandes opérations de l'année sur le continent. Le groupe arrive en position de force : un chiffre d'affaires en progression de près de 16 % à 4,4 milliards d'euros, un carnet de commandes qui a bondi de 23,5 à 33,1 milliards en un an et une marge opérationnelle portée à 15 %. 
Politique, ensuite. Au moment où l'Europe cherche à bâtir une autonomie stratégique crédible, deux puissances souveraines acceptent de codétenir, à égalité et au grand jour, le fabricant des chars Leclerc et Leopard 2.
Symbolique, enfin, par le contexte. Cette cotation est le reflet le plus visible du réarmement du continent depuis la fin de la Guerre froide. Le déclenchement du conflit en Ukraine a propulsé les valeurs de défense au sommet des préférences des investisseurs institutionnels, et c'est cette fenêtre d'appétit que KNDS entend saisir. La réussite de l'opération dépendra moins de la qualité opérationnelle du groupe que du prix que le marché acceptera de payer dans un climat redevenu plus sélectif.

En coulisses. C’est la banque JP Morgan qui conseille l’état allemand. Côté français c’est Pierre Hudry ex-patron de Goldman Sachs à Paris, et fondateur de Valens Partners, qui est aux côtés de l’Agence des Participations de l’État. Quant à David Azéma, partenaire de Perella Weinberg à Paris, il conseille la firme allemande sur la structuration de son nouvel actionnariat.

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