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Business / Luxe / 05/10/2026

Les problèmes de Gucci obligent un sous-traitant français à fermer une usine

Pusterla 1880 va fermer son usine sarthoise de Mayet : 51 postes supprimés, 43 transférés. En cause, l’effondrement des commandes de Gucci. Deux siècles d’histoire industrielle s’achèvent.

L'un des ateliers de de Pusterla 1880 (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut retenir. Roberto Marini, directeur général de Pusterla 1880, s’est déplacé il y a quelques jours au sein du siège français de son groupe pour assister à un CSE extraordinaire qui a acté la fermeture de l’usine de Mayet, dans le sud de la Sarthe. Résultat : sur 94 salariés concernés, 51 suppressions d’emplois et 43 transferts vers deux autres usines. Le recours aux intérimaires s’arrête sur-le-champ. Le site, qui fabrique des emballages et coffrets de luxe, pourrait fermer au début 2027, les contrats courant jusqu’en février. Motif invoqué : "un contexte de marché particulièrement challengé" et "une surcapacité industrielle".
  • Pourquoi ce sous-traitant du luxe est-il frappé ? Le principal client du site de Mayet est Gucci qui a divisé ses commandes par trois en trois ans. Les difficultés se sont accentuées depuis deux ans, entraînant un gel des embauches et le non-remplacement des départs en retraite. Cette fermeture d’usine n’est pas un accident isolé. Le deuxième trimestre 2026 a marqué le douzième recul trimestriel consécutif des ventes de Gucci. L’onde de choc a frappé d’abord la Toscane.
  • Pourquoi ces problèmes vont s’accentuer ? Le plan stratégique présenté par Luca de Meo, le directeur général de Kering, à Florence, le 16 avril dernier, repose sur l’internalisation de la production et la consolidation des sous-traitants : moins de fournisseurs, plus gros, plus contrôlés. Un façonnier sarthois de 95 salariés ne pèse pas lourd dans une telle arithmétique. Pusterla, lui, a tranché autrement : le groupe a inauguré au printemps une usine à Sousse, en Tunisie, portant ses effectifs locaux à 600 personnes. Objectif assumé : obtenir une main-d’œuvre qualifiée à moindre coût, aux portes de l’Europe.
  • Entre les lignes. Fondée à Paris en 1806, la maison Adine a traversé l’Empire, deux guerres et trois républiques avant de s’installer à Mayet en 1974, où elle fabriquait alors des cartons à chapeaux. Labellisée Entreprise du patrimoine vivant, elle produisait encore récemment six millions de coffrets par an pour Hermès, Prada, L’Oréal, plusieurs maisons de champagne et Pierre Hermé, injectant entre 500 000 et un million d’euros par an dans ses lignes et engageant sa robotisation dès 2016. Elle avait survécu à la crise de 2008 par la diversification, puis au Covid par la patience. Passée sous pavillon italien en 2021, dotée en 2022 d’une nouvelle ligne de coffrets de parfums, elle disparaîtra donc en 2027.
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