La "guerre des héritiers" vue de l’Élysée >
Au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré, les conseillers d’Emmanuel Macron regardent avec une attention croissante la structuration des différentes écuries présidentielles du bloc central...
- Ce qu'il faut savoir. Emmanuel Macron veille à maintenir une ligne stricte : ne pas apparaître comme celui qui organiserait lui-même sa succession. Selon plusieurs proches, le chef de l’État "met un point d’honneur à ne pas parler de la suite", lorsqu’il échange avec ses conseillers ou ses visiteurs. Une posture assumée à l’Élysée, où l’on considère que le président doit rester au-dessus de la mêlée tout en continuant à exercer pleinement le pouvoir jusqu’au "dernier quart d’heure" du quinquennat. Ses proches, en revanche, ne se privent pas, eux, pour observer et commenter les stratégies qui se mettent en place autour des futurs candidats en vue de la prochaine campagne présidentielle. Et pour beaucoup, les différences de méthode sautent déjà aux yeux.
- Le cas "Attal". Autour de Gabriel Attal, plusieurs proches du chef de l’Etat décrivent une organisation "commando", capable de mobiliser rapidement élus, militants et financements. "Gabriel a très envie", résume un conseiller, qui décrit une stratégie très offensive mais aussi "assez solitaire".
- Le cas "Philippe". À l’inverse, l’entourage présidentiel juge la mécanique d’Édouard Philippe plus lente et moins incarnée. L’ancien Premier ministre apparaît davantage dans une logique de ralliement progressif que dans une dynamique de conquête déjà installée. "J’ai plus de mal à sentir l’envie", glisse un conseiller.
- Le cas "Retailleau". En marge, la remontée de Bruno Retailleau est scrutée avec attention au Palais. "Il s’est refait ces derniers temps", reconnaît même un proche du chef de l’État.
- Entre les lignes. Malgré cette accélération des prétendants, "rien n’est cristallisé", estime un conseiller, qui dit ne pas croire au scénario d’une "primaire sauvage" du bloc central dès le début de l’année 2027.