Emmanuel Moulin va devoir convaincre députés et sénateurs >
Proposé début mai par le président de la République pour succéder en juin au poste de gouverneur de la Banque de France à François Villeroy de Galhau, démissionnaire d’un mandat qui courait jusqu’en novembre 2027, Emmanuel Moulin est auditionné ce 20 mai par les commissions des finances de l’Assemblée et du Sénat présidées par Éric Coquerel (LFI) et Claude Raynal (PS), et rapportées par Philippe Juvin (LR) et Jean-François Husson (LR).
Selon l’article 13 de la Constitution, leurs députés et sénateurs votent ensuite sur cette candidature, à laquelle ils peuvent s’opposer à la majorité des trois cinquièmes.
Passé par les cabinets des ministres Jean-Louis Borloo, Christine Lagarde ou Bruno Le Maire et par l’équipe économique de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, Emmanuel Moulin, ex-directeur du Trésor et directeur de cabinet de Gabriel Attal à Matignon, puis secrétaire général de l’Élysée d’avril 2025 au 4 mai dernier, a rencontré ces derniers jours des députés - dont le groupe PS auquel appartient le rapporteur Philippe Brun - et sénateurs des deux commissions.
Il aura à faire face à plusieurs critiques. Certains reprochent à sa nomination de s’ajouter à celles de Richard Ferrand au Conseil Constitutionnel, Amélie de Montchalin à la Cour des Comptes ou Marc Guillaume au Conseil d’État, dans une volonté d’Emmanuel Macron de "verrouiller" des postes clefs.
Jean-Philippe Tanguy (RN) met en cause sa compétence. Et des Républicains lui reprochent d’avoir "trahi" et rallié Emmanuel Macron, aux côtés de Bruno Le Maire.
À l’Assemblée, les députés RN et LFI, voire Écologistes et GDR-PCF, devraient voter contre, LIOT attend son audition pour se déterminer. Au Sénat, où les centristes lui sont plutôt favorables, des Républicains peuvent faire défection et s’ajouter aux votes de gauche. L’idée qu’un "deal" ait été conclu avec le Sénat, la nomination de l’ancien président de la commission des lois et ex-ministre François-Noël Buffet, à la succession de Claire Hédon au poste de défenseur des droits, en contrepartie de l’arrivée d’Emmanuel Moulin à la Banque de France, a circulé ces dernières semaines.