Comment Universal Music Group est devenu la vache à lait de Bolloré >
À l'occasion de ses rares confidences, Vincent Bolloré, qui est désormais retiré au siège de Bolloré Participations, boulevard de Montmorency, aime à dire que, chaque jour, plus de 95 % de la revue de presse qu'on lui apporte sur son groupe ne concerne que ses activités médias. Et c'est encore plus vrai à un moment où le Conseil d'État a demandé à l'Arcom de « ficher » la couleur politique des invités de la chaîne C News et où une commission d'enquête, fait défiler à l'assemblée les têtes d'affiche des médias audiovisuels contrôlés par Vivendi. Au même moment, le groupe Universal Music, dont le groupe Bolloré SE dirigé par Cyrille Bolloré détient 17,68 % du capital et dont Vivendi est actionnaire à hauteur de 10 %, publiait des résultats records. Si bien que sa capitalisation boursière a dépassé les 50 milliards d'euros. Sur cette base, la participation détenue directement par le groupe Bolloré représente un actif de 8,9 milliards d'euros ; soit exactement la moitié de la valeur boursière du conglomérat détenu par l'industriel Breton. Quant à la part de 10 % détenue par Vivendi, elle vaut plus de 5 milliards d'euros, alors que le groupe dirigé par Arnaud de Puyfontaine affiche une capitalisation boursière de 10 milliards d'euros. De surcroît, au titre de 2023, Universal Music va distribuer un dividende de 929 millions d'euros. Ce qui va représenter une recette de poche de 164 millions pour Bolloré (son plus gros poste de produits financiers) et de 93 millions pour Vivendi.