Michel-Édouard Leclerc protège son pouvoir d'achat >
Michel-Édouard Leclerc, 71 ans, est la coqueluche des médias. Il est toujours disponible le dimanche à l'heure du déjeuner pour remplacer au pied levé un invité politique lors d'une émission de grande écoute. Les deux années d'inflation, notamment dans le domaine des prix alimentaires, lui ont donné de multiples occasions d'intervenir et de répéter qu'il allait « casser la gueule à l'inflation ». Même si le rôle des banques centrales a été sans doute plus important que le sien pour enrayer la hausse des prix, l'ancien dirigeant du groupement d'achat des Centres Leclerc (Galec), qui en est aujourd'hui le président du comité stratégique, facture ses services de communicant du groupe de distribution pour près de 5,4 millions d'euros à travers sa société personnelle MEL SDC. Celle-ci a pu afficher, l'an passé, un bénéfice net de 2,52 millions d'euros, en progression de 1 % par rapport à l'année précédente. La très grande partie de ce profit est distribuée en dividendes. Ainsi, le 20 décembre dernier, MEL SDC a versé 2,51 millions d'euros à son actionnaire, la société MEL Usines. Cette dernière avait reversé à Michel-Édouard Leclerc, l'an passé, un dividende de 1,5 million d'euros. À l'inverse de son père Édouard Leclerc, qui avait opté pour une vie quasi monacale, reclus avec son épouse dans le manoir de La Haye, non loin de Landerneau, Michel-Édouard Leclerc continue de vivre en porte-parole du groupement de distribution. Il peut aussi profiter des fruits de la cession réalisée à la fin 2003 de la marque Édouard Leclerc à l'Association des centres distributeurs E. Leclerc, pour une somme d'environ 120 millions d'euros et partagée entre ses trois enfants. De quoi lui assurer un capital de l'ordre de 40 millions d'euros, qui lui permet de disposer d'un important patrimoine immobilier. l