Cet article a été archivé
Partager
Offrir cet article
En tant qu'abonné, vous pourrez encore offrir
0 articles ce mois-ci.
Business / Souveraineté / 20/05/2024

Biogaran sera fixé à la mi-juin sur son acquéreur potentiel

Initialement, c'était lundi 13 mai, que la banque Lazard Frères devait recevoir les marques d'intérêt dans le cadre de la procédure de cession de Biogaran par les Laboratoires Servier. Mais, pour diverses raisons, cette date limite a été repoussée in extremis vers la mi-juin par le vendeur et son banquier conseil Frédérik Rothenburger, associé-gérant chez Lazard et ancien conseiller au cabinet d'Arnaud Montebourg. Il faut dire que le dossier a pris une tournure politique depuis que l'on sait que l'un des candidats les plus solides pour cet achat est le groupe indien Torrent, dont les dirigeants sont très proches du Premier ministre Narendra Modi, au point d'avoir été accusés de financements politiques illégaux. Outre le fait qu'une telle transaction verrait partir chez un groupe indien l'un des principaux fabricants français de médicaments génériques (dont la précieuse amoxicilline), elle pourrait mettre en danger la qualité de fabrication des génériques. Torrent a été cité – avec six autres groupes – dans une enquête, pour dégradation de la qualité des médicaments. Depuis quelques jours, une autre candidature, mieux-disante financièrement, semble émerger. Elle émane de Benta Lyon, un petit producteur de médicaments appartenant au franco-libanais Bernard Tannoury. Ce dernier prépare une proposition d'achat avec l'aide de Morgan Stanley et de différents partenaires financiers. Benta, qui a racheté il y a quatre ans l'usine du fabricant de médicaments Famar, envisagerait de réinternaliser chez lui une partie de la production que Biogaran sous-traite. Il reste que tous les protagonistes du dossier ont les yeux tournés vers les pouvoirs publics. Roland Lescure, le ministre délégué chargé de l'Industrie et de l'Énergie a déjà indiqué qu'il n'hésiterait pas à faire usage de la procédure dite « IEF » permettant de contrôler les investissements réalisés par des entreprises étrangères en France dans des secteurs stratégiques. À moins qu'au nom de l'intérêt supérieur de la nation et des très bonnes relations géostratégiques entre Emmanuel Macron et Narendra Modi, l'État finisse par fermer les yeux sur le rachat de Biogaran par un industriel indien.

Cette semaine, dans la rubrique Business
Mais aussi