Les rémunérations mirifiques d'Arnaud Lagardère >
Arnaud Lagardère n'encaissera cette année que 381 754 euros sous la forme de dividendes du groupe Lagardère dont il est le président-directeur général. Il y a un an, il détenait encore un peu plus de 15,67 millions d'actions du groupe que lui a léguées son père, le magistral Jean-Luc Lagardère. Mais depuis, il a vendu plus de 96 % de ces actions afin de rembourser environ 150 millions d'euros de prêts octroyés par BNP Paribas. Si bien qu'aujourd'hui ses titres Lagardère représentent 12 millions d'euros. Et il assure détenir 8,61 % des actions Louis Hachette. Ce qui équivaut à un actif de 123 millions d'euros. Sa fortune a décru encore plus vite que la valeur du groupe Lagardère qui a été divisée par cinq sous son règne.
Mais les administrateurs du groupe sont manifestement satisfaits de son mandat. Puisqu'un an après avoir fait passer sa rémunération fixe de 1,14 million d'euros à 1,7 million d'euros (+ 49 %), le comité des rémunérations de Lagardère qui compte des personnalités aussi averties que Nicolas Sarkozy, Véronique Morali, Arnaud de Puyfontaine ou Laura Carrère a proposé qu'Arnaud Lagardère reçoive une rémunération exceptionnelle pour un montant brut de 400 000 euros. À quel titre ? Parce que le patron de Lagardère a particulièrement contribué à la faisabilité de la scission de Vivendi et à la création et la cotation de la société Louis Hachette Group. Tout cela dans de bonnes conditions, notamment par un dialogue constant avec les partenaires sociaux, une communication transparente avec les salariés, l'organisation de réunions sur le calendrier et l'organisation de l'opération. C'est-à-dire le travail normal d'un dirigeant. Au total, Arnaud Lagardère va donc recevoir au titre de l'exercice passé 3,98 millions d'euros soit 40 % de plus qu'en 2023 alors que le résultat net ajusté part du Groupe de la société est resté stable.