Pourquoi la famille Pinault peut voir grossir le chèque de la vente de Puma >
Il y a quelques jours la famille Pinault a cédé sa participation de 29 % au capital de Puma au chinois Anta pour 1,8 milliard de dollars. Mais le montant final pourrait être bien supérieur.
- Ce qu’il faut savoir. Le 27 janvier dernier Anta Sports Products, la plus grande marque chinoise de vêtements de sport, a conclu un accord pour acquérir une participation de 29,06 % dans Puma auprès de la société Artémis qui gère l’essentiel des participations de la famille Pinault. Le montant convenu pour cette transaction était de 1,5 milliard d’euros (1,8 milliard de dollars). Anta, qui est propriétaire de Fila et actionnaire de Salomon, a promis à cette occasion de renforcer la présence internationale de Puma. Cette cession s’est faite sur la base d’un cours de 35 euros, sachant que Puma est coté à Hong Kong. Réalisée par Cyrille de Montmarin, associé-gérant de Rothschild & Co, la transaction a fait ressortir une prime de 62 % par rapport au cours de Puma. À noter qu’Anta a indiqué ne pas solliciter des sièges au conseil d’administration de Puma et ne pas chercher à prendre le contrôle total de l’entreprise.
- La bonne surprise. Selon des informations obtenues par Reuters et dont nous avons pu obtenir confirmation, l’accord de cession négocié par Rothschild & Co permettrait à Artémis de recevoir un complément de prix de 5 euros par action Puma cédée, si une offre est lancée à Hong Kong sur le capital de Puma, soit pour obtenir une sortie de la cote, soit pour renforcer la position d’Anta, soit pour revendre cette participation à un autre acteur à un meilleur prix. C’est ce que les juristes et les financiers appellent un "droit de suite". Dans ce cas de figure Artémis pourrait encaisser un chèque supplémentaire de 215 millions d’euros. Ce qui n’est pas rien.
- Entre les lignes. Artémis, qui ne publie pas ses comptes, afficherait une dette sociale d’un peu plus de 7 milliards d’euros selon nos informations. La société a réalisé une très bonne opération de refinancement en juin dernier en émettant des obligations pour un montant de 400 millions d’euros avec un coupon de seulement 1,5 % et une prime de remboursement de 35 % liée à la performance de l’action Kering. À ce moment-là, l’action du groupe de luxe cotait 185 euros. Depuis cette date, elle a progressé de 55 %.
- En coulisses. Ce "droit de suite", qui peut permettre à Artémis d’arrondir le chèque reçu de la vente de Puma, est valable pendant 20 mois post-signing et 15 mois post-closing.