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Pouvoirs / Justice / 06/07/2026

Des députés RN bien préparés… à éviter les gaffes

Marine Le Pen et Sébastien Chenu, en février 2026, à l'Assemblée nationale (photo Telmo Pinto/NurPhoto/AFP).

Marine Le Pen se rendra ce mardi 7 juillet au Palais de Justice, dans l’île de la Cité à Paris, avec à ses côtés quelques députés du Rassemblement national dont celui du Pas-de-Calais, Bruno Bilde, pour entendre la décision de la cour d’appel de Paris. Celle-ci doit en effet se prononcer à 13 h 30 sur le jugement de première instance du 31 mars 2025, qui avait condamné Marine Le Pen à 4 ans de prison dont deux fermes et 5 ans d’inéligibilité.

En revanche, la plupart des 122 députés du parti ne devraient pas se précipiter pour réagir à la décision, quelle qu’elle soit. Au contraire, ils attendront que Marine Le Pen donne le "la" au journal de 20 h 00, auquel elle est invitée, sur TF1.

La semaine dernière, ils étaient nombreux à afficher une relative sérénité, dans l’attente de ce rendez-vous judiciaire. "Que la justice passe…" répond ainsi Alexandre Loubet, député RN de Moselle, croisé ce 2 juillet dans le jardin de l’Assemblée nationale, à la question de son pronostic sur le verdict de la cour d’appel de Paris.

"J’aurais envie de vous dire serein… mais en fait non", a répondu Sébastien Chenu, interrogé sur son état d’esprit à quelques jours de ce verdict, le 1er juillet devant l’Association des Journalistes Parlementaires. "Cela ne serait pas très honnête de dire que je suis totalement serein et décontracté", a ajouté le député du Nord, dans une réponse visiblement élaborée. "Parce que je pense que l’enjeu est important pour Marine Le Pen elle-même, pour la famille politique que je représente, mais aussi pour le pays, puisque la décision qui sera prise aura un impact sur la vie politique. Toutefois, j’ai la conviction que Marine Le Pen est totalement innocente. J’ai surtout j’ai trouvé son système de défense en appel subtil, démontrant une non-intentionnalité de commettre un délit", a-t-il complété. "À partir de là, est-ce que Marine Le Pen doit être privée d’une rencontre avec les Français ? Est-ce que dans une démocratie, ce sont des juges qui doivent décider de qui est le candidat d’un parti politique ? Je crois que non", a ajouté le vice-président du RN, reprenant un argument avancé lors de la décision des juges de première instance.

Reste qu’un parti qui aspire à gouverner la France et dont deux potentiels candidats à la présidentielle caracolent en tête des sondages… ne peut se permettre d’entrer en guerre avec sa justice. "Même si je ne suis pas totalement serein, je suis confiant", ajoute, patelin, celui qui, déjà vice-président de l’Assemblée… songe sans doute à la présider. "On peut être critique de décisions qui sont rendues. On peut considérer que la justice n’est pas assez ferme dans un certain nombre de domaines. Mais je pense que cette institution mérite d’être soutenue. Et j’ai confiance dans la décision qu’elle rendra. Peut-être parce que je suis moi-même fils de greffier, de fonctionnaire de cette institution, je sais qu’il y a beaucoup de magistrats qui essaient de faire leur boulot avec la plus grande honnêteté, peu de moyens, beaucoup de difficultés. Mais ils sont desservis par un certain nombre de magistrats, très politisés et très engagés, qui mènent d’autres combats, et qui ne rendent pas service à l’institution. Le syndicat de la magistrature, à mes yeux, rend peu service à l’institution et abîme son image." Le fils de greffier se verrait-il, aussi, place Vendôme ?

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